Mohamed Aïssa revient sur l’affaire de l’ambassade d’Irak: La menace des sectes religieuses



L’Algérie serait menacée par des sectes religieuses qui veulent la déstabiliser à travers un prosélytisme qui viserait les jeunes ? C’est en tout cas un rappel inquiétant qu’a fait vendredi à Bouira le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, après le démantèlement, il y a quelques semaines à Blida, d’une cellule de la secte Al Ahmadia originaire de l’Inde.

Le ministre algérien s’est, cette fois-ci, attaqué à l’ambassade d’Irak en Algérie, qui a diffusé un communiqué à l’intention des Algériens désireux d’effectuer des voyages religieux dans ce pays, connu pour être un des bastions du chiisme, avec ses villes de Kerbala et Nadjef, lieux de pèlerinage des chiites.

Le ministre algérien qui a souligné que ce communiqué, mis en ligne sur le site de l’ambassade irakienne à Alger, »est une ingérence dans le référent religieux de l’Algérie», a indiqué avoir reçu l’ambassadeur irakien en Algérie pour ‘’nous donner des clarifications». Mohamed Aïssa ajoute : ‘’Avec l’ambassadeur, nous avions réitéré les principes de l’Algérie et nous avons émis des mises en garde concernant ce point. L’Algérie refuse et rejette catégoriquement que les représentations diplomatiques s’immiscent dans les affaires intérieures du pays». Une situation qui préoccupe le ministre quant à la menace que constitue l’apparition de confessions religieuses sur l’unité et les référents religieux de l’Algérie.

Ces cellules représentant des sectes religieuses étrangères à l’islam et aux référents religieux de l’Algérie ‘’veulent tester la prédisposition des Algériens pour qu’ils épousent d’autres religions », prévient le ministre. Dans une récente interview à la radio chaîne 3, M. Mohamed Aïssa avait révélé que l’Algérie était attaquée par des sectes religieuses qui veulent attaquer ses référents religieux, issus de l’islam révélé, celui du Prophète Mohamed et tel qu’il était pratiqué en Andalousie, à Cordou.

L’ALGÉRIE MENACÉE PAR LES SECTES ?

‘’L’Algérie a connu l’islam depuis des siècles et a cohabité avec d’autres religions, a contribué à la construction de la civilisation andalouse et en est le dépositaire légal après l’inquisition’’, a-t-il indiqué dans cet entretien.

Pour le ministre des Affaires religieuses, ‘’les jalons de notre religiosité sont le juste milieu et ont été bafoués par une invasion produite en trois phases de notre histoire: la présence ottomane, qui a généré l’existence du rite hanéfite et coutumes de vie différents de l’appartenance africaine de l’Algérie, le colonialisme, qui a imposé le clergé qui formait les imams, selon le concept laïque pour perdurer en Algérie, et la troisième est le choix des Algériens à l’option socialiste, qui a poussé des pays orientaux à croire que nous sommes un pays à re-islamiser, et c’est comme cela que l’invasion sectaire s’est produite par la formation dans ces pays de jeunes Algériens pour qu’ils reviennent en instituteurs et parfois comme imams’’.

Mohamed Aïssa enchaîne en déclarant que ‘’notre démarche est d’outrepasser ces trois phases pour un référent algérien, qui est le nôtre, c’est l’esprit de Cordou, qui était la dernière phase après l’invasion ottomane et le colonialisme, et nous croyons qu’il s’agit de l’islam tel qu’il a été révélé à Médine, au service de la société et modéré.

Les attaques de ces sectes contre l’Algérie à travers la religion sont orchestrées à travers les réseaux sociaux, notamment des ‘’blasphèmes contre le Prophète et les services de sécurité ont montré qu’il s’agit d’une intrusion étrangère», relève-t-il, avant de déclarer que ‘’nous combattons les dérives sectaires, mais pas les sectes, c’est un problème moral, la préoccupation de l’institution officielle algérienne est que ces personnages n’ont pas à faire du prosélytisme, et profiter du besoin des uns et des autres pour leur imposer leur secte’’.

AHMADISME, CHIISME ET WAHHABISME À LA CONQUÊTE DE L’ALGÉRIE

L’Ahmadisme est déjà présent en Algérie depuis les années 1970 et, aujourd’hui, «il a de plus en plus d’adhérents, il est aussi davantage organisé », déplorait la semaine dernière le ministre des Affaires religieuses. Sur l’arrestation d’une cellule des Ahmadis à Blida à la mi-juin dernier, il a expliqué que «les forces de sécurité ont réussi à démanteler une cellule, car elle a osé construire un siège, elle veut s’autoproclamer sans attendre les agréments nécessaires et sans fournir de documents prouvant son existence, ses adhérents, sa raison d’être et son appartenance».

La secte des Ahmadis, qui s’est renforcée dans la capitale à la fin des années 2000, s’est répandue très vite dans les milieux universitaires et prône un islam ‘’soft’’, avec moins d’interdits, reconnaît les cinq piliers de l’islam, mais a son messie. Elle tire ses principes des déclarations de son ‘’messie’’, Hazrat Mirza Ghulam Ahmad (1835-1908) de Qadian, un petit village du nord de l’Inde, qui s’était autoproclamé le ‘’Mahdi’’.

La secte s’était tellement répandue dans le centre du pays notamment dans les universités d’Alger, que le ministère des Affaires religieuses, au temps de Ghlamallah Bouabdellah, avait été sollicité par la ‘’Ahmadiyya Muslim Community’’, un califat des Ahmadis dont le siège est à Londres, pour une autorisation officielle permettant la construction de la première mosquée ahmadie en Algérie.

L’Algérie serait devenue, selon le ministre des Affaires religieuses, un terrain de bataille entre les chiites et les wahhabites. «Nous disons officiellement aux Algériens que nous ne voulons pas être le terrain d’une guerre qui ne nous concerne pas. Nous ne sommes ni wahhabites pour mériter une invasion chiite, qui interpelle et exige repentance, ni chiites pour mériter cette invasion wahhabite qui demande également repentance », a-t-il dit dans une conférence de presse la semaine dernière.

Lequotidien-oran.com

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