Mohammed VI, le roi du Maroc, annonce la mort de l’UMA



Mohammed VI n’a pas perdu le temps pour intervenir au 28e sommet de l’Union africaine. 24 heures à peine après que l’organisation panafricaine a accepté la réintégration du Maroc comme membre à part entière, le roi donne son premier discours.

Au cours de cette première sortie au sein de l’UE, le roi du Maroc a profité pour distribuer les bons et mauvais points, s’attribuant bien entendu le beau rôle en Afrique. Bien entendu, il s’est enorgueillit des réalisations partenariales du Maroc avec certains pays africains comme le Maroc ou le Nigeria. Mais le propos est ailleurs puisque dans sa lancée, Mohammed VI a profité de la tribune pour étriller l’Union du maghreb arabe. Un tantinet donneur de leçons, il prophétise qu’il « a toujours considéré qu’il faut d’abord puiser sa force dans l’intégration de sa sous-région maghrébine ». Puis vipérin, il décoche sa première fléchette sous forme de regret : « Or, force est de constater que la flamme de l’UMA s’est éteinte, parce que la foi dans un intérêt commun a disparu ! ».

Mohammed VI enfonce le dernier clou du cercueil de l’UMA en précisant : « L’élan mobilisateur de l’idéal maghrébin, promu par les générations pionnières des années 50, se trouve trahi ». Par qui ? Pourquoi ? Le roi du Maroc ne nous en dit pas plus préférant constater que « avec regret que l’UMA est la région la moins intégrée du continent africain, sinon de toute la planète alors que le commerce intra-régional s’élève à 10 % entre les pays de la CEDEAO, et à 19 % entre les pays de la SADEC, il stagne à moins de 3 % entre les pays du Maghreb ».

Ce premier discours offensif de Mohammed VI a été applaudit par Abdelkader Messahel, ministre algérien des Affaires maghrébines et africaines, qui représentait son Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, dans cette assemblée.

Créée en 1989, l’Union du Maghreb arabe n’a pour l’heure joué aucun rôle intégrateur pour les cinq pays. Sur le plan économique et touristique, les échanges sont restés médiocres. Qualifiée de syndicats de chefs d’Etat, l’UMA ne s’est plus réunie depuis 1994, année où le Maroc a décidé de fermer unilatéralement ses frontières avec l’Algérie. Il faut rappeler ici qye l’UMA est née sur le terreau de plusieurs différends jamais applanis. Aussi la qualification de Maghreb « arabe » a de fait exclu dès le départ la population originaire de cette région. Par ailleurs, la question de la colonisation de la Rasd par le Maroc demeure un vrai sujet de discorde entre l’Algérie qui soutient le peuple sahraoui et le royaume chérifien.

Yacine K.

Source : lematindz.net

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