«Nous devons éliminer les djihadistes avant leur retour!»



TerrorismeL’ex-magistrat anti-terroriste Alain Marsaud prône des mesures radicales contre les djihadistes français. Le député LR devance les conclusions de l’enquête parlementaire, présentées ce matin, qui ne le satisfont pas.

«Nous devons éliminer les djihadistes avant leur retour. Ils représentent un danger pour nos concitoyens!» Alain Marsaud, député les Républicains (LR), a fait différentes propositions radicales au parlement français. Il est membre de la «commission d’enquête parlementaire relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015». Cette dernière présente ses propositions ce matin. Pourtant Alain Marsaud, ancien juge anti-terroriste, craint que les conclusions ne soient pas à la hauteur de la menace.

«Ou nous sommes en guerre et nous faisons la guerre, comme répètent le président et le premier ministre, et on fait le nécessaire… Sans quoi, on peut s’attendre à des choses épouvantables, à de nouveaux Bataclan! Les récents attentats de Dacca et Bagdad montrent bien que Daech est capable de frapper partout», affirme Alain Marsaud.

L’ex-magistrat tient un langage très clair qui varie entre le «neutraliser» et le «éliminer». Cette rhétorique martiale et effrayante est néanmoins étayée par des chiffres largement partagés.

«Quelque 2000 Français, hommes et femmes, d’origine maghrébine ou convertis, sont partis dans les zones de conflit en Syrie, Irak ou Libye. Il y aurait aussi environ 400 mineurs. Ces enfants partis avec les adultes ou nés sur place vont revenir en France. Et que fait-on?» avance Alain Marsaud. Selon le député des Républicains, qui s’est souvent démarqué par des propos catégoriques et controversés, «le débat public est nécessaire pour qu’on prenne certaines décisions!»

Frapper l’Etat islamique

Pour Alain Marsaud, il est évident que les frappes militaires en Syrie et Irak servent aussi «à éradiquer un maximum de djihadistes européens. Mais avec les Rafale, c’est compliqué. C’est tuer des mouches avec un marteau-pilon. Nos drones sont équipés pour la surveillance mais non pour l’intervention. Faut-il demander aux Américains de le faire pour nous?» s’interroge Alain Marsaud.

Selon certains experts militaires indépendants, c’est déjà ce qui se passe sur le terrain. Reste la gestion du retour d’un certain nombre de djihadistes. «Nous devons mettre à l’écart ces individus et prendre les dispositions pour que la société française courre le moins de risques possibles. La loi nationale ne permet pas de retenir des gens si on n’a pas suffisamment d’éléments, il faut donc modifier la Constitution. Pour cela, il faut dire les choses et avoir du courage politique. Mais encore une fois qui prend la décision?» s’alarme Alain Marsaud.

Le courage politique

Si les déclarations d’Alain Marsaud ont souvent fait polémique, elles ont parfois aussi anticipé les actions terroristes. Et de redouter ainsi que le rapport présenté par ses pairs députés ne se contente que de commenter les fautes passées, plutôt que de prendre des mesures pour l’avenir. «Le diagnostic de la situation est partagé par tous. Cela ne veut pas encore dire qu’on est prêts à prendre les mesures», souligne le député républicain. (24 heures)

Source : www.24heures.ch / Par Xavier Alonso

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