Nouvelle lune de miel entre l’Algérie et l’Arabie saoudite



Lundi, Abdelmalek Sellal entamait une visite de deux jours en Arabie saoudite. Sur place, le Premier ministre a eu droit à un accueil chaleureux, digne d’un chef d’État.  Il a été reçu par tous les hauts dignitaires saoudien dont le roi Salman Ibn Abdelaziz Al Saoud à qui il a remis deux messages du président Bouteflika.

Samedi dernier, le ministre saoudien de l’Énergie, de l’industrie et des ressources minières était à Alger. L’Algérie n’est pas un poids lourd de l’Opep. En venant à Alger, le ministre saoudien a donné du crédit aux efforts diplomatiques déployés par l’Algérie pour aboutir à un consensus au sein du Cartel pétrolier pour un gel de la production, synonyme d’un redressement des prix.

Des vacances en Algérie

En plus de ces visites officielles, le Wall Street journal nous apprend ce jeudi que le prince Mohamed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, vice-prince héritier et ministre saoudien de la Défense, vient de passer de longues vacances en Algérie. C’est sans doute une première : habituellement, les hauts dignitaires saoudiens, à l’image du roi Salman, préfèrent le Maroc pour leurs vacances.

« Oui, il vient souvent en Algérie », confirme à TSA une source algérienne. « Les choses sont en train de s’améliorer de manière très sensible » entre les deux pays, ajoute-t-elle, sans plus de précision.

Une perspective de réchauffement des relations entre Alger et Riyad après une période de tension suscitée par les divergences entre les deux pays sur le dossier syrien et le Hezbollah.

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 « En Algérie, on entend souvent dire que notre pays est plutôt proche de l’Iran que de l’Arabie saoudite. Ce qui ne correspond pas à la réalité. Nous n’avons jamais opté pour l’Iran contre l’Arabie saoudite, ni pour celle-ci contre l’Iran. Nous avons toujours eu une sorte de relation triangulaire équilibrée », explique un ancien diplomate algérien.

Soutien au Maroc

Selon lui, ce réchauffement est nécessaire pour les deux pays dans la conjoncture actuelle. « L’Algérie n’a pas beaucoup d’amis dans la région. Et l’Arabie saoudite se sent un peu isolée notamment depuis l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis », explique-t-il.  « Ce rapprochement est utile même si l’Algérie a des choses à reprocher à l’Arabie saoudite dont sa position sur le Sahara occidental et son soutien diplomatique et financier au Maroc», explique-t-il. L’Arabie saoudite aide le Maroc dans tous les domaines, y compris en réglant une partie de ses factures d’achats d’armes.

En mars dernier, l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Maroc, Abdelaziz El Khouja, avait exprimé publiquement le soutien de son pays à « l’intégrité territoriale du Maroc », incluant le Sahara occidental occupé. Il avait aussi officiellement annoncé l’engagement de l’Arabie saoudite à investir dans le Sahara occidental. Mais cet épisode semble faire partie du passé.

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Pour l’ancien diplomate, l’Arabie saoudite a fait un geste vis-à-vis de l’Algérie » en envoyant son prince héritier passer ses vacances ». « Même s’il ne s’agit pas d’une exception. Ce n’est pas la première fois qu’un prince héritier saoudien passe ses vacances chez nous », analyse cet ancien diplomate.  L’Algérie avait commencé à améliorer les relations avec l’Arabie saoudite à la fin des années 1970 sous Chadli Bendjdid.

« Houari Boumédiène n’avait pas beaucoup de sympathie pour les monarchies du Golfe. Il estimait qu’elles n’étaient solidaires avec les autres pays de la région, ni très engagées sur la question de la Palestine. Il estimait aussi  qu’elles n’étaient pas coopératives sur la question du prix du pétrole. En 1973, il avait d’ailleurs dit : le musulman ne veut pas aller au paradis le ventre creux ! », raconte-t-il.

Reste à savoir si les relations entre Alger et Riyad vont résister aux nombreux conflits qui minent la région du Golfe et le Moyen-Orient. L’Algérie veut garder son principe de non-ingérence dans les affaires des pays. Elle veut aussi garder de bonnes relations avec l’Iran, qu’elle avait maintenues du temps de l’embargo international contre ce pays. Mais la perspective d’une confrontation entre l’Iran et l’Arabie saoudite risque de mettre Alger sous pression.

Source : tsa-algerie.com / Hadjer Guenanfa

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