Ouyahia embrasse Madani Mezrag et insulte Ferhat Mehenni



ALGÉRIE (Tamurt) – Acte 1 :L’un est un criminel notoire qui a, d’ailleurs,  le mérite de s’enorgueillir de tous les assassinats qu’il a commis. C’est un terroriste qui a semé la terreur et tué de ses propres mains un certain nombre d’algériens. Il est aussi un intégriste illuminé et ignare et la liste des défauts n’est pas près d’être résumée. Il s’agit de l’émir des groupes islamiques armés, Madani Mezrag.

Ahmed Ouyahia l’a accueilli à bras ouverts  comme un brave héros d’une guerre sainte lors des consultations ayant précédé la confection de la nouvelle constitution. Etonnement général en Algérie. Et quand, Ouyahia a été interrogé, lors de la conférence de presse consacrée au même sujet, le directeur de cabinet de Bouteflika n’a pas hésité à faire l’éloge de ce Madani Mezrag en des termes élogieux ! Juste une précision, Madani Mezrag n’est pas kabyle, Ouyahia, lui, l’est.

Acte 2 : Le second, en revanche, est kabyle, le genre d’Hommes que l’Histoire retient avec des lettres d’or. Aux côtés de Bessaoud Mohand Arab, Matoub Lounes et Mouloud Mammeri, Ferhat Mehenni restera toujours le symbole du combat identitaire et de la Kabylie. Ce Ferhat Mehenni qui a fait le plus de fois la prison de la dictature du FLN pour son combat courageux pour l’identité amazigh. Un combat à 100 % pacifique, il faut désormais le rappeler.

Ferhat est aussi un grand artiste-poète et il a brillé quand la chanson kabyle était à son apogée et avant que la descente aux enfers de cette même chanson n’ait lieu. Si Ferhat n’a pas existé ainsi qu’une poignée d’hommes de sa trempe et de sa pugnacité, on se demande quel sort la langue et culture berbères auraient eu aujourd’hui. Quel homme sensé et honnête peut dire le contraire même sans partager à 100 % les idées de Ferhat Mehenni actuellement ?

Il y en a un : Ahmed Ouyahia. Lors de sa dernière conférence de presse, ce dernier a qualifié Ferhat de mercenaire. Il y a quelque temps, il a encensé Madani Mezrag. Ce pas désormais franchi, il est la preuve qu’il ne reste plus aucun espoir pour que l’Algérie se redresse, Une Algérie où l’un des hommes présentés comme l’un des plus importants sur la scène politique, embrasse un égorgeur et insulte le maquisard de la chanson (comme le qualifiait Kateb Yacine) et un combattant pacifique de la démocratie et de la modernité. Les déclarations du directeur de cabinet de Bouteflika sur le Président du GPK est la preuve supplémentaire que la Kabylie de Ferhat n’a rien à voir avec l’Algérie d’Ouyahia.

Tahar Khellaf

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