Ouyahia et les cadres : une histoire passionnelle



Ahmed Ouyahia semble avoir la mémoire courte. Il s’est défendu d’avoir mis des cadres en prison et appelle même, depuis hier, à réhabiliter les cadres de la Sonatrach « injustement mis en cause », selon ses dires. Ouyahia va même jusqu’à affirmer avoir lui-même réhabilité des cadres injustement incarcérés à la fin des années 1990.

Pourtant, son passif dans le domaine est plus que discutable. Qualifié de « bourreau des cadres » par le député et ancien PDG d’Air Algérie, Wahid Bouabdallah, la tentative d’Ouyahia de s’exonérer de ses anciennes pratiques est quelque peu malvenue. Rappels.

Les propos d’Ouyahia ont dû faire bondir certaines personnes dans leurs cellules. En effet, quel crédit accorder à ces propos lorsque de nombreux cadres croupissent en prison ? Dans les années 1990, Ahmed Ouyahia passait pour une « terreur » et jetait des cadres dans les prisons à tour de bras.

Le cas du cabinet financier Strategica : le « fait du Prince » 

Et quand Ouyahia n’envoie pas des cadres en prison, il brise leurs carrières. Plus récemment, en juin 2010, Ahmed Ouyahia a décidé de la mise à l’écart et la disparition d’une entreprise, le cabinet financier fondé par El Hachemi Siagh spécialisé dans l’ingénierie financière, Strategica, devenu Deutsche Capital markets Algeria (DCMA) après son rachat, en 2009, par la Deutsche Bank allemande.

Une simple note, signée par l’alors Premier ministre algérien, a mis en quarantaine ce cabinet, interdisant aux entités publiques « toute relation » avec Strategica. La cause ? DCMA était soupçonnée de fournir des données confidentielles sur des entreprises publiques et l’économie algériennes à des groupes étrangers.

Sans préjuger de la véracité des accusations d’Ouyahia, la forme et la manière posent question. De tels faits sont gravissimes et passibles de poursuites judiciaires, pour espionnage industriel, violation de la confidentialité des informations, voire de « trahison ». Mais rien de tout cela n’a eu lieu. Un simple « fait du prince » de la part d’Ouyahia, sans preuves concrètes.

La réaction de « défense des intérêts nationaux », louable et salutaire en soi, ressemble finalement plus à un règlement de comptes pour des raisons occultes. Une mise à l’écart d’une entreprise et de ses cadres, compétents dans le domaine de la finance, un secteur que l’Algérie peine à développer.

Source : tsa-algerie.com / Riyad Hamadi

Laisser un commentaire