Ouyahia: «L’utilisation de la photo du président est un coup monté à Paris»



«Au nom du RND, nous exprimons notre soutien à notre famille politique, à travers notre sœur, la ministre de l’Education nationale, pour affirmer comme elle le fait que la réforme de l’école est primordiale».

C’est en évoquant «la Journée du savoir» qu’Ahmed Ouyahia a tenu à affirmer le soutien de son parti à la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghrebrit, dont les tourments ne semblent pas finir depuis qu’elle veut réformer l’école algérienne comme il se doit. Il affirme à ce propos que « cette réforme semble inquiéter certains soucieux comme nous tous de notre authenticité, nous les invitons à suivre les conseils donnés par Cheikh Benbadis à nos aînés pour qu’ils soient fidèles à l’authenticité tout en étant de leur temps». En préambule à ce soutien à Benghrebrit, Ouyahia convoquera le passé pour noter que « depuis 132 ans, l’Algérie a fait face à un colonialisme qui a dévoré ce pays, son peuple et sa terre. Il fallait dès l’indépendance que l’Algérie arme ses enfants de savoir et de connaissance ». Il a rappelé qu’«en 94, l’Algérie vivait les affres du terrorisme mais les parents ont tenu à ce que leurs enfants retournent à l’école malgré les menaces criminelles du GIA». Il estime que «plus de 30% du budget de l’Etat est pour former les enfants de ce pays». Ouyahia ne manquera pas de souligner que «l’école algérienne doit inculquer le patriotisme et l’importance de l’effort aux enfants».

Notons que le RND a tenu hier ses six congrès régionaux (Ouargla, Bechar, Mila, Sétif, Aïn-Témouchent, Alger), pour arrêter les listes des délégués qui devront assister au congrès extraordinaire prévu les 5, 6 et 7 mai prochain. En tant qu’élu au nom de la wilaya d’Alger, Ahmed Ouyahia a assisté au congrès régional du centre qui s’est tenu à Zéralda en présence d’un nombre important de militants. Le porte-parole du RND, Sedik Chihab, a tenu à en saluer un particulièrement, c’est l’ancien ministre des Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbas qui a été fortement applaudi par la salle.

«Le secrétaire général sera élu par l’urne»

C’est sous de forts applaudissements et des youyous stridents qu’Ahmed Ouyahia a rejoint la tribune pour lire son allocution. «La tenue des congrès régionaux coïncide avec deux événements importants pour l’Algérie, la célébration de la Journée du savoir en ce 16 avril et le 2ème anniversaire de l’élection du président Bouteflika (17 avril 2014),» a-t-il commencé par dire en n’omettant pas de noter «un autre événement, mais celui-là a élu résidence dans les journaux et vient d’ailleurs », allusion faite à la publication par le 1er ministre français de la photo du président bien affaibli.

Mais avant, Ouyahia dira que «le congrès extraordinaire est important non pas pour l’élection du secrétaire général du parti mais pour qu’il soit une halte qui mettra fin aux dérives au sein du RND». Il continue :«Je dis dérives parce que vous êtes témoins que le RND est un parti démocratique, si les murs pouvaient parler, cette salle dira que nous avons demandé au groupe des dissidents d’exprimer son avis librement». Il évoque «la règle de la majorité» et indique que «nous sommes un parti transparent qui respecte ses statuts, son règlement intérieur et les lois de la République (…), c’est ainsi que nous pouvons faire face à ceux qui militent contre le retour de la dictature de la minorité, l’anarchie des parasites et la culture de l’exclusion». En juin 2012, il rappelle que «j’ai dit au groupe du redressement que je vous tends ma main et en décembre 2012, ils ont choisi de rester avec moi dans le bureau national…» Il assure que «ce congrès, nous l’avons préparé dans le respect des lois, il devait se tenir avant mais le Conseil national avait décidé de le reporter à mai (…), les congrès régionaux se tiennent actuellement en présence de 1599 délégués dont 30% (soit 500) sont des femmes». Il promet que « lors du congrès extraordinaire, le secrétaire général sera élu par l’urne.»

«Il y a une coordination entre ceux qui sont là-bas et ceux qui sont ici»

Il fera savoir que le 5 mai prochain, date de la tenue du congrès en question, «il y a aura 16 urnes plus des huissiers de justice, l’important (…), ce sont les positions que le parti prendra pour mettre définitivement fin à toute tentative de leadership en son sein, en plus des positions politiques, économiques et sociales par lesquelles le parti participera dans le débat national en réitérant notre soutien indéfectible au président de la République et notre soutien au gouvernement dont on fait partie».

Ouyahia revient ainsi sur «le 17 avril 2014, date de l’élection de Bouteflika, nous lui présentons nos félicitations et prions Dieu pour lui prêter longue vie afin qu’il continue de diriger l’Algérie». Pour lui, «le président Bouteflika a été élu à 82% des voix votantes, c’est presque un référendum en sa faveur en raison des résultats et services qu’il a réalisés à travers le pays (…)». Il affirme que «(…) ce qui reste à réaliser est le 1/5ème de celui qui l’a été, le paiement de la dette (…), l’épargne publique permet à l’Algérie de traverser la crise financière dans des conditions moins difficiles que d’autres pays». En plus de «toutes les réformes qu’il a lancées (…), enfin le 7 février dernier, il y a eu la révision de la Constitution» mais regrette «qu’on n’a pas su la vendre.»… Il rendra hommage à l’ANP «pour ses sacrifices pour protéger l’Algérie qui avance et un peuple uni derrière son président». Il reconnaît cependant qu’ «il y a des problèmes et des dysfonctionnements, mais le pays a besoin de propositions, y compris de l’opposition, au lieu de faire des discours destructeurs qui n’ont aucun écho au sein du peuple sauf dans une certaine presse et des journaux électroniques».

Le SG par intérim du RND remet «la main étrangère» et «le complot» au goût du jour et interroge «pourquoi beaucoup de rencontres au sein de certains centres d’études (laboratoires) se font sur l’Algérie, sa situation économique et la menace des migrants (…) parce qu’ils le prennent de chez certains milieux bien d’ici (…), il y a une coordination entre ceux qui sont là-bas et ceux qui sont ici».

«C’est un coup monté à Paris…»

Pour lui «l’utilisation de la photo du président est un coup monté à Paris pour consommation en Algérie». Il affirme que «les Français complotent depuis 62 (…), mais aujourd’hui, ils savent que pour un partenariat avec l’Algérie, il faut trois conditions, il faut qu’on le fasse dans le respect commun des deux pays, qu’on ait des intérêts communs et travaillons pour les deux peuples». Il est cependant persuadé qu’ «il y a des Français haineux, ils ne veulent pas admettre que l’Algérie de Papa, c’est fini !» Il est convaincu que des responsables français «n’ont pas avalé ces derniers temps que l’Algérie ait une position contraire à leurs positions et leurs actions pour préserver leurs intérêts dans la région». Ouyahia lance que «pour des raisons évidentes, l’Algérie ne donne pas ses marchés comme ils le veulent». Il reste persuadé cependant que «les Français ont sorti le pétard pour qu’il soit utilisé chez nous». Bouteflika sait, comme il le dit qu’ «il n’a pas la santé de 99, il pouvait ne pas recevoir le 1er ministre français pour des raisons d’agenda, mais il l’a fait, il n’était peut-être pas dans son jour…), ils ont oublié que leurs responsables ont été photographiés en train de dormir dans une réunion officielle…». La publication de la photo du président par Valls lui fait dire encore qu’ «on dénonce cet acte mais on dénonce plus ceux qui l’utilisent, ceux qui ont habité quatre journaux». Il dira que «le temps des manœuvres est terminé, les groupuscules dont le registre de commerce est de travailler pour l’étranger s’enferment dans les salons et attendent les élections, auraient dû au moins le dénoncer.» Ouyahia ne s’arrêtera pas là. «Il y en a qui veulent étaler leur monopole aux journaux, si les dossiers s’ouvrent, ils se noieront dans la mer», dira-il contre toute attente. Il est clair que ses propos sont dirigés contre Issaad Rebarab, nouveau propriétaire du groupe El Khabar. Le président Bouteflika, terminera selon lui, son mandat. «Si sa santé a diminué, il s’est renforcé par le soutien du peuple algérien, il continuera malgré les pièges et la haine des traîtres».

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