« Panama papers » : que pensent Saadani, Haddad, Ghoul and Co ?



On entendrait une mouche voler ! Le silence des ténors du pouvoir est édifiant ! Eux qui avaient fait haro sur le général Médiène et le DRS pour avoir « injustement » accusé le respectable Chakib Khelil d’actes corruptifs, ne trouvent subitement plus de mots pour démentir les dernières révélations des « Panama Papers » sur l’entourage de ce même Chakib Khelil ainsi que sur le ministre actuel de l’Industrie.

Par Mohamed Benchicou

Il est vrai que les fuites ne viennent pas du général Toufik mais d’un Consortium international des journalistes d’investigation dont les enquêtes sont imparables. Que pensent donc Messieurs Saâdani, Haddad, Ouyahia, Ghoul et la zaouïa, avocats acharnés du pauvre Khelil de cette information établie et selon laquelle la justice italienne a pu reconstituer le circuit bancaire qu’a emprunté Farid Bedjaoui, que Le Monde cite comme « le bras droit et l’intermédiaire de Chakib Khelil », pour encaisser par l’argent des pots-de-vin versés par l’entreprise pétrolière italienne Saipem, en échange de contrats avec la Sonatrach.

L’itinéraire est astucieux : une des sociétés de Farid Bedjaoui, Pearl Partners, basée à Honk Kong, reçoit un virement de 198 millions de dollars sur un compte émirati. Une partie du pactole atterrit ensuite sur le compte suisse de la société Sorung Associates Inc., à la banque Edmond de Rotschild SA. Farid Bedjaoui qui y dispose d’un mandat de gestion pour Sorung Associates Inc., n’a plus qu’à se servir. Mais pas que lui. Réda Hemche, neveu de Chakib Khelil et natif de Hennaya, le village natal du père de Bouteflika, homme-lige du ministre qui l’avait installé comme chef de cabinet du PDG Sonatrach, en réalité comme vigile chargé de contrôler les faits et gestes du PDG. Reda Hemche a également disposé d’un compte en banque « approvisionné de 1,75 millions de dollars entre l’été 2009 et janvier 2010 ».

Au nom de quoi, pour ne pas dire de qui, Farid Bedjaoui, dont le nom apparaît dans au moins 17 sociétés offshore, domiciliées au Panama, aux îles Vierges britanniques et aux Émirats arabes unis, recevrait-il de l’argent de la part de Saipem ? De quel pouvoir de décision dans l’attribution des marchés disposerait-il pour être ainsi au centre d’une si copieuse distribution de dollars ?

La question est posée aux Saâdani, Haddad et autre Ouyahia qui avaient catégoriquement nié l’existence d’une quelconque affaire Sonatrach. Ils n’avaient pas tort : il n’y a, en effet, pas une affaire Sonatrach mais deux. C’est, du moins, ce qu’affirment deux journaux américains qui n’ont aucune attache avec le DRS ni avec Toufik, Huffington Post et The Age. Chakib Khelil serait le cerveau d’une autre affaire de corruption, dite « affaire Unaoil » portant sur un montant de 1,8 milliard de dollars et dans laquelle de hauts cadres de l’Energie auraient reçu des millions de dollars de pots-de-vin pour attribuer des contrats de modernisation de deux raffineries à Samsung et Hyundai par l’intermédiaire de la société monégasque Unaoil.

Dans quelques jours, Abdelaziz Bouteflika célébrera sa dix-septième à la tête d’une Algérie qu’il a fini par terrasser, humilier aux yeux du monde, rabaisser et compromettre. Il avait trouvé un pays debout quoique démuni, survivant avec un pétrole à 8 dollars le baril, son plus bas niveau ; il en a fait la risée du monde, la terre du désespoir, en dépit d’un pétrole avoisinant les 140 $ le baril et la patrie des pires crapules de planète.

Grâce aux enquêtes internationales, on commence à savoir ce qu’il est advenu des recettes pétrolières algériennes durant le règne de Bouteflika : elles ont servi de magot aux fripouilles qui nous tiennent lieu de dirigeants.

Voilà qu’on apprend que le chef du patronat algérien, l’homme à la mode, Ali Haddad, a déboursé des dizaines de millions de dollars pour acquérir des hôtels de luxe à Barcelone, lui qu’on entendait prier les entreprises étrangères à venir investir en Algérie ! Mais dans cette scandaleuse compétition, Haddad est fortement concurrencé par un autre apparatchik à qui est confiée l’industrie du pays : Abdeslam Bouchouareb. Le ministre ne s’est pas contenté de posséder une société offshore nommée Royal Arrival Corp, il l’a orientée de façon à « obtenir des contrats en Algérie ».

Les officiels algériens sont aussi arrogants dans la péroraison que pitoyables dans le silence.

M. B.

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