Penelope et François Fillon entendus pour des emplois qui seraient « fictifs »



L’enquête sur les activités de Penelope Fillon s’est accélérée lundi après-midi avec l’audition du candidat de la droite à la présidentielle et de son épouse, qui a duré plusieurs heures.

« La procédure suit un cadre normal mais va vite », a déclaré à Reuters une source proche du dossier. François Fillon a confirmé dans la soirée avoir été entendu, ainsi que sa femme, « comme il l’avait souhaité dès l’ouverture de l’enquête », et dit avoir apporté à la justice « des éléments utiles » permettant d’établir « le travail réalisé » par celle-ci, a annoncé son équipe dans un communiqué.

Les policiers cherchent à déterminer si Penelope Fillon a bénéficié d’emplois fictifs au sein de « La Revue des deux mondes » et en tant qu’attachée parlementaire, comme l’a laissé entendre « Le Canard enchaîné » la semaine dernière. Selon l’hebdomadaire satirique, l’épouse de l’ancien Premier ministre a été rémunérée 500.000 euros pour son travail auprès de son mari puis de son suppléant et 100.000 euros pour sa collaboration à « La Revue des deux mondes ».

L’ancien Premier ministre, qui nie toute irrégularité et parle de « calomnies », avait demandé à être « reçu au Parquet national financier (PNF) dans les plus brefs délais ». C’est son avocat qui y a d’abord été reçu jeudi dernier.

Signe de la célérité des enquêteurs, Marc Ladreit de Lacharrière, le propriétaire de « La Revue des deux mondes », a été également entendu lundi matin. L’homme d’affaires, président de la holding Fimalac et proche du candidat de la droite à la présidentielle, a été interrogé à Nanterre (Hauts-de-Seine). Une perquisition avait eu lieu jeudi dans les locaux de sa revue.

Renvoi en correctionnelle ?

Les enquêteurs avaient déjà entendu vendredi deux témoins, l’ex-directeur de la publication Michel Crépu et la journaliste Christine Kelly, auteure de la première biographie de François Fillon.

Michel Crépu avait auparavant déclaré à la presse que Penelope Fillon n’avait rédigé en un peu plus d’un an et demi que « deux notes de lecture » de moins d’une page chacune. Dans « Le Monde » de jeudi dernier, Marc Ladreit de Lacharrière a affirmé qu’il avait également demandé à Penelope Fillon, ainsi qu’à quelques amis et personnalités, de « réfléchir » au devenir de la publication qui voyait son chiffre d’affaires baisser.

A moins de trois mois du premier tour de la présidentielle, l’enquête menace François Fillon, qui a déclaré qu’il renoncerait à se présenter s’il était mis en examen. L’enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits pourrait ne prendre que quelques semaines compte tenu de la simplicité du dossier.

Selon « Le Journal du dimanche », Eliane Houlette, qui dirige le PNF, a expliqué à l’avocat de François Fillon, Antonin Lévy, que « c’est l’intérêt de tout le monde que cette enquête aille vite ».

L’enquête peut se solder par un classement sans suite si aucune charge n’est retenue contre les protagonistes, parmi lesquels François Fillon, son suppléant dans la Sarthe qui a également versé des émoluments à son épouse, l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, et Penelope Fillon concernée pour recel.

Si les policiers concluaient à l’existence de charges sur au moins un, voire les trois emplois susceptibles d’être reprochées à l’épouse du candidat, le PNF pourrait ouvrir une information judiciaire. Les investigations sous la conduite d’un juge d’instruction pourraient alors prendre des mois.

Mais la chef du PNF pourrait aussi décider de « renvoyer l’affaire directement devant la tribunal correctionnel » pour tout ou partie des protagonistes, explique une source proche du dossier. Et un tel renvoi équivaudrait à une mise en examen.

La quatrième possibilité est celle du plaider-coupable qui consiste à proposer au prévenu une peine inférieure à celle encourue en échange de la reconnaissance de sa culpabilité. Mais celle-ci semble peu probable dans ce dossier.

Reuters

Source : lematindz.net

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