Pétrole : pourquoi la déprime est de retour sur les marchés



Après avoir opéré au printemps un virage haussier, les prix du brut sont en baisse. Le spectre d’une surabondance mondiale inquiète les marchés.

Après la tendance haussière enregistrée au printemps, avec un prix du baril à 50 dollars, les prix du brut poursuivent leur chute. Lundi, le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en septembre a perdu 1,06 dollar à 43,13 dollars sur le New York Mercantile Exchange, son plus bas depuis le 25 avril. Quant au baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne du brut pur livraison en septembre, il accuse une baisse de 97 cents à 44,72 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), au plus bas depuis mai.

Vendredi, le cours du Brent est tombé vers 14H40 GMT jusqu’à 45,36 dollars, un plus bas en deux mois et demi, tandis que le WTI avait atteint mercredi 43,69 dollars, un minimum depuis début mai également.

Les nouveaux chiffres hebdomadaires du département américain de l’Energie (DoE) qui seront publiés mercredi  pourraient de nouveau jeter un froid sur les marchés.

Offre excédentaire américaine

Alors que son déclin persistant soutenait le marché depuis le printemps, la production américaine montre des signes de rebond. Résultat, cette offre excédentaire de produits pétroliers pèse de plus en plus sur les prix.

La semaine dernière, le rapport hebdomadaire du département américain a montré une hausse des réserves pétrolières américaines à un plus haut historique pour cette période de l’année, déprimant les cours. Une légère hausse de la production a également été constatée avec une augmentation de presque 40.000 barils par jour en Alaska.

Impact limité des opérations de sabotage au Nigéria

Pourtant, les derniers mois avaient montré des signes de reprise encourageants, avec un impact immédiat sur le marché. Au Nigéria, le groupe de rebelles des Vengeurs du Delta du Niger (NDA) a multiplié les attaques d »infrastructures des grands groupes pétroliers. Résultat, la production pétrolière du pays est tombée à son plus bas niveau depuis 30 ans, avec une perte évaluée entre 700.000 et 800.000 barils par jour, selon une estimation de la compagnie pétrolière nationale NNPC rapportée par Bloomberg début juin.

Le ralentissement de la production nigériane a contribué à la tendance haussière des prix du brut des dernières semaines, mais il n’est évidemment pas suffisant pour rassurer les marchés d’une baisse durable de la production mondiale. Début mai, les incendies, dans la région de Fort McMurray, en Alberta avaient également permis de diminuer temporairement la production canadienne de pétrole non-conventionnel. Plusieurs estimations avançaient alors des chiffres compris entre 600.000 et 800.000 barils par jour.

L’ombre irakienne

Si les experts parient sur un ralentissement de la croissance des stocks mondiaux au deuxième semestre, la position de l’Opep sous l’impulsion de l’Arabie saoudite – qui refuse d’abaisser son plafond de production (principalement à cause du retour de l’Iran sur le marché) – pourrait refroidir encore plus les investisseurs.

Enfin et non des moindres, bien que négligé, le retour en force de l’Irak pourrait aggraver la situation dans les prochains mois. Dans une interview accordée à la Tribune en juin, Christopher Dembik, responsable mondial de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank estimait que les risques et l’impact étaient sous-estimés :

«  Le retour de l’Iran ne créé pas de déséquilibre. Le vrai problème actuellement négligé, c’est l’Irak. Sa production pétrolière se concentre dans le sud du pays et des investissements ont été réalisés (ndlr : pour permettre un rendement de la production). »

Depuis deux ans, la production du pays a connu la plus forte hausse parmi les pays producteurs de pétrole, de l’ordre de 32%, note Christopher Dembik.

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Source : tsa-algerie.com / Sarah Belhadi, en partenariat avec La Tribune

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