Pétrole/Gaz : vers une ruée des compagnies écossaises sur l’Afrique



La capitale pétrolière de l’Europe, Aberdeen (en Ecosse) accueille aujourd’hui, jeudi 24 novembre, la première édition du Scotland Africa Oil & Gas Forum, une rencontre de hauts responsables gouvernementaux et patrons de groupes pétroliers écossais et africains. Au menu des discussions : les possibilités d’investissement dans l’exploration pétrolière et gazière en Afrique.

Les Ecossais veulent être plus présent sur le marché pétrolier africain et les pays africains y sont réceptifs. C’est le leitmotiv du Scotland Africa Oil & Gas Forum qui s’est ouvert ce jeudi 24 novembre Aberdeen, la troisième ville écossaise connue pour être la capitale pétrolière de l’Europe. Organisé par la Chambre de commerce d’Aberdeen et Grampian en collaboration avec le Scotland Africa Business Exchange (SABE), l’événement a pour but d’explorer les possibilités d’investissement et de partenariat pour le développement de l’industrie pétrolière et gazière à travers le continent, indique le communiqué officiel

Nouveaux pays cibles

Et alors que les rencontres de ce type sont généralement focalisées uniquement sur les grosses machines pétrolières africaines telles que le Nigéria, l’Angola, l’Algérie ou encore l’Egypte, les Ecossais se tournent vers d’autres cieux. Il s’agit de la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Mauritanie, le Togo, la République du Congo et le Kenya. Les ministres de tutelle de chacun de ces pays participent d’ailleurs à ce forum.

L’offensive que préparent les Écossais sur ces pays est motivée notamment par les multiples découvertes pétrolières enregistrées à travers le continent cette année. La plus spectaculaire reste celle du bassin commun en eau profonde entre Sénégal et la Mauritanie où des réserves estimées à 450 milliards de m3 ont été découvertes en janvier dernier. Et ce, sans parler de la trouvaille de gaz en mai dernier par Kosmos Energy au large de Dakar. Au mois de mars, la compagnie britannique Tullow Oil a annoncé une importante découverte de pétrole au nord de la vallée de Kerio au Kenya, nourrissant les espoirs du gouvernement pour le développement des exportations pétrolières.

La Côte d’Ivoire n’enregistre pas de récentes découvertes, mais le pays veut doubler sa production de pétrole d’ici 2020, notamment en attirant les investissements étrangers pour l’exploration offshore dans le Golfe de guinée. Le Togo, où les experts, après plusieurs rejets des fonds marins, pressentent la présence de ressources pétrolière au large de ses côtes, préparerait son arsenal pour l’exploration. Le pays de Faure Gnassingbé a décidé en septembre 2015 de limiter ses frontières maritimes pour la création d’une Zone Economique Exclusive (ZEE). Des contrats avec les compagnies écossaises signeraient les premières explorations pétrolières dans ce pays ouest-africain.

En outre depuis la découverte de pétrole en septembre 2015 sur le gisement Nkala Marine pour des réserves estimées à 350 millions de barils équivalent pétrole, le Congo n’en a plus connu. Touché de plein fouet par la chute du cours de baril, ce pays d’Afrique centrale se démène pour empêcher l’engloutissement du secteur.

Pour « jouer des rôles clés »…

De leur côté, les grands groupes écossais se montrent impatients d’explorer ces nouveaux horizons. A ce jour, Cairn Energy et Bowleven & Eland sont les plus investis en Afrique dans l’exploration pétrolière, tandis que Wood group fournit des services dans plusieurs pays à travers le continent.

Basé en Afrique du Sud avec des antennes au Ghana, Nigéria, en Angola et République démocratique du Congo, le spécialiste de l’ingénierie mécanique, EnerMech, prévoit de doubler sa main-d’œuvre africaine à 300 d’ici fin 2017 et prévoit une hausse de 45% de son Chiffre d’affaires à 24 millions de livres sterling. Dans ce contexte, de nouveaux investissements constituent l’orientation idéale. Et ce n’est pas son directeur régional pour l’Afrique, Steve Ord, qui dira le contraire :

« L’Afrique dispose d’un énorme potentiel, tant au large que sur terre, et les nombreuses leçons que nous avons apprises en travaillant dans la mer du Nord et dans d’autres bassins matures depuis de nombreuses années nous ont positionné pour jouer un rôle clé dans certains projets des plus importants, qui commencent ou commenceront dans les prochaines années. »

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Source : tsa-algerie.com / Ristel Tchounand En partenariat avec La Tribune

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