P/FLN : n’est-il pas plus juste de restituer ce symbole à l’histoire de l’Algérie ?



Décidément, c’est un pays des poissons d’avril, chaque jour on nous surprend avec des pièces aussi grosses que les baleines.

Après des décennies d’absence et de mutisme dans la scène politique, la dernière sortie des moudjahidates et moudjahidines (1) pour réclamer la délivrance du FLN est plus qu’insolite. Mais où étaient-ils et dans quelle bulle évoluent-ils ?

Encore cette histoire du FLN et de la légitimité historique qu’on veut nous rejouer encore et encore comme si le pays s’est arrêté dans les années 1960 et1970. Ce souhait à vouloir redonner un autre souffle à ce parti et le privilégier pour la conduite des affaires de l’État est un aveu d’un parti-pris flagrant des nostalgiques du monopartisme de l’époque du Parti-Etat et de la pensée unique. Cela relève de la même volonté d’arrière-garde laquelle depuis l’indépendance a, au nom des constantes nationales et de la légitimité historique sous le sigle du FLN, s’est accaparé tous les pouvoirs et veut aujourd’hui se les réapproprier au nom des mêmes principes. Le tout après avoir grandement perdu de son influence et de son autorité.

Les initiateurs de cette revendication pour un FLN restauré seraient mieux inspirés s’ils appréhendaient en toute honnêteté et courage notre histoire contemporaine depuis que l’Algérie a accédé à l’indépendance parce que si aujourd’hui le pays est tourmenté de toutes parts et que son avenir est des plus inquiétants, c’est en grande partie à cause de ce FLN qui, durant toute l’histoire de l’Algérie indépendante, s’est érigé non pas comme un parti historique et responsable, mais plutôt en une vulgaire caste de privilègiés au service exclusif des pouvoirs politico-mafieux et du système autocratique en place jusqu’à même s’acoquiner avec les fanatiques religieux et leurs mouvements.

Réclamer ce parti qui a vertement tourné le dos à l’Algérie et à son peuple, c’est encore une fois de plus condamner ce peuple et son pays à faire du surplace.

Moudjahidates et moudjahidines, par respect aux martyrs de la révolution, des martyrs de la décennie noire et de tous les sacrifices du peuple pour une véritable Algérie indépendante et démocratique, n’est-il pas plus juste de dire basta au FLN et au système qu’il a créé ? N’est-il pas plus juste de restituer ce symbole à l’histoire de l’Algérie révolutionnaire!…

S. Guenifi, cinéaste

(1) Lire, rendre au P.FLN « son honneur flétri et sa dignité » ?

Lire l’article depuis sa source : lematindz.net

Laisser un commentaire