Plus d’un million de Syriens vivent assiégés



Alors que plus d’un million de Syriens vivent dans des villes assiégées, l’exode des civils fuyant le conflit dans la province d’Alep s’est poursuivi mardi. D’après les autorités turques, quelque 70’000 réfugiés syriens pourraient gagner la zone frontalière si l’offensive militaire continue.

Les habitants assiégés courent «un risque accru de décès» à cause du manque de nourriture, d’électricité et d’eau courante, ont affirmé mardi deux ONG dans un rapport. Ce fléau touche Damas et sa région, ainsi qu’Homs, Deir Ezzor et la province d’Idleb.

«Réseau de contacts»

Pour parvenir à une telle conclusion, des données ont été collectées par un «large réseau de contacts dans les localités assiégées» travaillant pour le projet «Siege Watch». Ce dernier a été mis en place par les ONG néerlandaise PAX et américaine The Syria Institute.

Les Nations unies font, elles, état de près d’un demi-million de personnes vivant dans de telles conditions au péril de leur vie. La guerre en Syrie a déjà fait plus de 260’000 morts depuis mars 2011.

Bombardements dénoncés

Pour le président du Conseil européen Donald Tusk, les frappes de la Russie dans le pays ne font qu’«empirer» la situation. Il s’exprimait à l’issue d’une rencontre à Bruxelles avec le Premier ministre géorgien Guiorgui Kvirikachvili.

«Comme conséquence directe de la campagne militaire russe, le sanguinaire régime Assad est en train de gagner du terrain et l’opposition syrienne modérée d’en perdre. Des milliers de réfugiés supplémentaires fuient vers la Turquie et l’Europe», a poursuivi l’ancien Premier ministre polonais.

Moscou irritée par Angela Merkel

Ces critiques interviennent au lendemain d’une déclaration d’Angela Merkel qui a suscité l’irritation du Kremlin. Depuis Ankara où elle était en visite, la chancelière allemande s’était dite lundi «horrifiée» par «les souffrances humaines» des Syriens bloqués à la frontière syro-turque. Elle avait aussi dénoncé les «bombardements, notamment du côté russe», sur Alep.

Mardi, la Russie a appelé Angela Merkel à surveiller ses paroles. «Personne n’avait fait de déclaration de ce type» quand les «actions barbares des terroristes» visaient les forces loyales au régime de Bachar el-Assad, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

John Kerry s’impatiente

Côté américain, John Kerry a une nouvelle fois réclamé à la Russie un «cessez-le-feu immédiat» en Syrie. Le secrétaire d’Etat américain s’exprimait depuis Washington à deux jours d’une conférence internationale à Munich consacrée à la guerre syrienne.

«Ce que fait la Russie à Alep et dans la région rend les choses beaucoup plus difficiles pour pouvoir se mettre à la table (des pourparlers) et avoir une conversation sérieuse», a mis en garde le chef de la diplomatie américaine.

De son côté, la Russie dément s’en prendre à l’opposition modérée. Elle affirme ne cibler que le groupe Etat islamique (EI) dans ses raids, comme le fait déjà une coalition de pays occidentaux et arabes.

Frontière turque fermée

Sur le terrain, l’ONU a appelé la Turquie à ouvrir sa frontière aux Syriens. Des dizaines de milliers de civils se massent dans des camps saturés après avoir fui la vaste offensive menée par le régime contre les rebelles dans la province d’Alep.

«Nous comprenons que la Turquie accueille déjà 2,5 millions de réfugiés syriens et assume un énorme fardeau. De ce fait, nous avons demandé à la communauté internationale d’aider la Turquie», a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, William Spindler.

D’après les autorités turques, quelque 70’000 réfugiés syriens pourraient gagner la zone frontalière si l’offensive militaire se poursuit dans la région d’Alep. Et selon l’ONU, 31’000 personnes, dont 80% de femmes et d’enfants, ont fui la ville d’Alep et sa région ces derniers jours. (ats/nxp)

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