Pour le Sénat français, coup d’Etat ou pas Ankara doit honorer les accords internationaux



Suite à la tentative de putsch militaire en Turquie, des milliers de personnes ont été arrêtées dans le pays. Cette situation ne peut qu’inquiéter la communauté internationale qui redoute une répression généralisée et des violations des droits de l’homme, d’autant plus qu’Ankara réfléchit à la possibilité de rétablir la peine de mort.

Le règlement de comptes bat son plein en Turquie: depuis samedi, jour de la tentative du coup d’Etat militaire qui s’est soldée par un échec, des informations sur des interpellations et des destitutions ne cessent pas d’affluer. Outre les militaires et policiers, des professeurs et des journalistes sont touchés par ce grand « nettoyage », soit quelque 45.000 personnes au total. Ces arrestations ainsi que l’émergence du débat sur le rétablissement de la peine de mort ont déjà provoqué de vives inquiétudes au sein des élites politiques européennes.

Or, face à la situation qui s’est créée en Turquie, Etat candidat à l’UE,  il faut rappeler qu’Ankara est signataire d’une série de conventions internationales qu’elle doit honorer. Cette dernière idée est soutenue par Yves Pozzo di Borgo, sénateur de Paris et représentant du Parlement Français au Conseil de l’Europe, qui réagit à cette vague de répressions en Turquie.

« La Turquie a signé, comme les 47 pays du Conseil de l’Europe dont la Russie, la Convention des droits de l’homme de 1950. Donc elle a des obligations juridiques. Deuxièmement, la Turquie a ratifié, ce que d’ailleurs n’a pas fait la Russie, le Protocole N°6 et le Protocole N°13 qui interdisent la peine de mort. Donc il y a de la part de la Turquie une nécessité de respecter les accords internationaux qu’elle a signés notamment cette Convention des droits de l’homme », explique-t-il à Sputnik.

Selon lui, une sorte « nettoyage ethnique » est à l’œuvre en Turquie, ce qui est « véritablement contraire à la Convention des droits de l’homme ».

Certes, on peut mettre en place des sanctions contre les putschistes, ce qui est tout à fait normal et conforme au droit, mais ça doit se faire dans le cadre juridique et notamment dans le cadre de la Convention des droits de l’homme de 1950 qu’a signée la Turquie, dit-il.  

Jérôme Lambert, vice-président de la commission des affaires européennes, suppose de son côté que les personnes touchées par les répressions ne sont pas toutes en lien avec le putsch. 

« Nous sommes face à un régime qui contrôle les communications électroniques. Ce n’est pas la première fois qu’un régime d’ailleurs opère de la sorte. En général, c’est très improductif parce que les informations circulent tout de même, cependant il y a la volonté de contrôler voire de censurer les informations et ce n’est pas une bonne chose surtout pour un pays qui est en voie de procéder à l’examen de sa candidature pour adhérer à l’Union européenne. On est très loin des standards de l’Union européenne », déclare-t-il.    

Gilbert Roger, sénateur de la Seine-Saint-Denis et vice-président de la commission des affaires étrangères estime que les répressions massives après le coup d’Etat raté en Turquie révèlent au monde le côté obscur du président Erdogan.

« Je crois que la France comme l’Europe ont eu des réactions trop tièdes à mon goût. Tièdes parce que bien évidemment les uns comme les autres n’apprécient pas les coups d’Etat militaires mais là […] c’est une pure ingérence à l’intérieur même du pays et ce sera gravissime d’un point de vue de la stabilité sociale, puisque chacun se méfie de son voisin et les répercussions peuvent être grandissimes, je le crois. Jusqu’où les citoyens vont accepter de se laisser massacrer par un tel gouvernement — la question est posée », relate-t-il.

Et d’ajouter que la peine de la peine de mort n’était pas compatible avec l’UE. « M.Erdogan montre vraiment au monde son côté obscur », a-t-il conclu.

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