Poursuite de la grève des conducteurs de trains : les voyageurs entre colère et résignation



À la gare de l’Agha au centre d’Alger, le hall est vide. Les passagers viennent se renseigner puis repartent aussi vite, résignés. « Je suis arrivé tôt ce matin pour une affaire d’à peine une heure, je suis obligé d’attendre des heures avant de retourner chez moi. Je fais passer le temps au café en attendant le train », confie un jeune voyageur venu de Blida, ce samedi en fin de matinée.

Un cheminot à la retraite se souvient de l’époque de Boumedienne. « Le service minimum ne suffit pas, à l’époque de Boumediène on ne pouvait pas faire grève. Quand on la faisait, il nous serrait les boulons. C’est ce qu’il faut ».

Un vieil homme s’approche des agents de la SNTF : « Comment ça, il n’y a pas de trains ? On ne nous informe même pas ! ». Des affiches sont désormais disponibles au niveau du hall de la gare depuis jeudi où tous les horaires des trains assurés dans le cadre du service minimum de la SNTF sont mentionnés.

« En plus des étudiants de Bab Ezzouar et d’autres universités, ce sont surtout les employés des zones industrielles de Reghaia et Rouiba qui sont tributaires du train. Il faut qu’ils trouvent une solution rapidement », estime une jeune femme qui n’a pas pu se rendre à Béjaïa car, excepté la desserte de banlieue vers Thenia, aucune ville de l’est algérien n’est desservie.

La grève dure depuis le 8 mai, suite à un débrayage sans préavis des tractionnaires de la SNTF, qui ont d’ailleurs présenté en milieu de semaine une démission collective à la direction. Objectifs du mouvement social : le reclassement de la filière des tractionnaires et la revalorisation de leurs primes de rendement.

Source : tsa-algerie.com / Rafik AIOUAZ

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