Prémices d’une nouvelle intervention étrangère en Libye



Le président du Conseil présidentiel, Faïz Serradj, a demandé lundi soir un autre délai d’une semaine pour annoncer la composante du nouveau gouvernement d’union, faute de consensus sur l’attribution du poste du ministre de la Défense.
Réunis à Skhirat, au Maroc, depuis une semaine, les parties libyennes devait initialement présenter le nouvel Exécutif lundi au Parlement de Tobrouk, reconnu par la communauté internationale, et à son rival de Tripoli, non reconnu, et dirigé par une coalition de milices islamistes opposées à toute implication du général à la retraite Khalifa Haftar à la suite du processus de sortie de crise, parrainé par l’ONU. Cet ancien membre du défunt régime de Mouammar al-Kadhafi dirige l’opération al-Karama (la dignité) à Benghazi depuis mai 2014. Il est également chef d’état-major au sein des forces armées libyennes loyales.
Parallèlement, sur le terrain opérationnel, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader avec la montée en puissance de l’organisation terroriste autoproclamée État islamique (Daech), dont l’effectif aurait doublé ces dernières semaines, selon des experts et les chancelleries occidentales. Daech tente une percée dans le bassin pétrolier qui s’étend de Ras Lanouf (nord-ouest) à Benghazi (nord-est) et s’enfonce sur plusieurs centaines de kilomètres dans le sud du pays. Face à l’absence d’un consensus au sein des acteurs libyens, les puissances occidentales sont de plus en plus enclines à passer à l’action. Une réunion est prévue à Bruxelles aujourd’hui et demain pour se pencher sur les mesures à prendre pour lutter contre Daech en Libye, même si la priorité est surtout accordée à son éradication en Syrie et en Irak. L’option armée en Libye est pourtant considérée comme la pire solution pour sortir ce pays d’une guerre civile qui dure depuis cinq ans. Mais elle est de plus privilégiée par les puissances occidentales, où les médias ont suffisamment préparé l’opinion publique à accepter le recours à la force en Libye pour rétablir la sécurité et la stabilité politique perdue dans le sillage de ce qui est communément appelé “Printemps arabe”.

L. M.

Source : Lyès Menacer

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