Prisonniers politiques : une liste controversée



CubaLa Commission cubaine des droits de l’Homme recense à Cuba 93 détenus politiques dans une liste contestée comprenant des condamnations et profils très variés.

Dans son récent décompte actualisé fin mai, la Commission cubaine des droits de l’Homme (CCDH), une organisation illégale mais tolérée par le régime de Raul Castro, identifie une première catégorie de 51 prisonniers «condamnés ou poursuivis pour leur comportement ou leurs activités contestataires».

Il s’agit d’activistes emprisonnés pour participation à des manifestations interdites, des faits d’outrage, troubles à l’ordre public et désobéissance civile.

Les plus lourdes peines dans cette catégorie concernent Raibel Pacheco Santos et José Ortega Amador, condamnés à 15 ans de prison en 2014 pour «avoir planifié des actions anti-gouvernementales».

Des «condamnations disproportionnées»

Le reste du décompte mentionne dans trois autres catégories des personnes en liberté provisoire et d’autres condamnées pour des délits sans lien apparent avec une répression quelconque, que la CCDH cite en raison de «condamnations disproportionnées», politiquement motivées, ou du risque de retour en prison.

Cette partie de liste est la plus contestée par le gouvernement et les médias proches des autorités, pour qui la CCDH est financée par Washington:

– 27 condamnés par des tribunaux militaires pour «avoir eu recours à des armes ou à d’autres formes de violence», dont 12 à la perpétuité pour mutinerie, tentative d’infiltration soutenue par l’étranger ou tentative de détournement de bateau ou d’avion pour fuir Cuba.

– Quatre condamnés pour «d’autres crimes contre d’Etat», dont l’ancien diplomate Miguel Alvarez, qui purge 25 ans de prison depuis 2012 dans une affaire présumée d’espionnage, ou l’ex-agent des renseignements Claro Fernando Alonso Hernandez, condamné à 30 ans de prison en 1996 pour révélation de secrets relevant de la sécurité d’Etat.

– 11 opposants condamnés lors du printemps noir de 2003, bénéficiant d’une liberté provisoire, dont Beatriz Roque et José Daniel Ferrer, qui avaient écopé de 18 à 25 ans de prison.

60’000 à 70’000 détenus

Les grandes ONG de défense des droits de l’Homme soutiennent la CCDH, prix international de Human Rights Watch en 1991, mais ne reprennent pas cette liste faute de pouvoir envoyer des représentants sur l’île, la dernière visite internationale autorisée dans les prisons cubaines datant de 1988.

Le dernier détenu «validé» comme prisonnier d’opinion par Amnesty international avait été l’artiste «graffeur» Danilo Maldonado, surnommé «El Sexto», emprisonné de décembre 2014 à octobre 2015 pour avoir préparé une performance avec des cochons arborant les prénoms de l’ex-président Fidel Castro et de son frère et successeur Raul.

Les derniers chiffres officiels en 2012 établissaient la population carcérale à 57’000 détenus. Ils seraient 60’000 à 70’000 aujourd’hui selon la CCDH, un chiffre similaire à celui de la France, qui compte six fois plus d’habitants.

(afp/nxp)

Lire l’article depuis sa source : www.24heures.ch

Laisser un commentaire