Privés de leur langue maternelle, l’arabe imposée aux kabyles de 1 ère année



Le pouvoir algérien a imposé aux berbères d’Algérie la langue arabe comme langue d’enseignement en 1962 avant que la langue d’Arabie ne soit …

Nous sommes en début de l’année en Algérie et c’est un véritable choc que subissent les milliers d’enfants kabyles qui vont pour la première fois à l’école algérienne. Et pour cause, ces enfants, qui n’ont jamais parlé une autre langue que le kabyle qui est leur langue maternelle, largement pratiquée en Kabylie, se retrouvent du jour au lendemain, contraints d’écouter un enseignant qui leur impose une langue étrangère. Il s’agit  de l’arabe. Ceci se passe alors que tamazight est soit disant langue officielle depuis plusieurs mois.

Le choc auquel sont confrontés les enfants kabyles, âgés de six ans, est facile à deviner. Les répercussions psychologiques néfastes d’une telle rupture subite et injuste avec sa langue maternelle dès la première journée de scolarité des enfants kabyles sont évidentes. Il ne faut pas être un spécialiste en psychologie ou en pédagogie pour savoir que le fait qu’un enfant se retrouve devant un enseignant qui lui débite des mots qu’il n’a que rarement entendus risque de marquer  négativement et à vie l’élève.
Le pouvoir algérien a imposé aux berbères d’Algérie la langue arabe comme langue d’enseignement en 1962 avant que la langue d’Arabie ne soit généralisée en 1976 après l’instauration de l’école fondamentale. Le même pouvoir a aussi combattu, d’une main de fer, toute tentative de faire valoir la langue amazighe qui est celle de la population d’origine de l’Afrique du Nord et non pas de l’Algérie seulement. Pour effacer toute trace de l’amazighité de l’Afrique du Nord, le système politique algérien n’a pas hésité à “corriger” l’Histoire de cette région de la planète en l’amputant de tout ce qui a précédé l’arrivée des arabes qui ont assassiné la Reine Kahina parce que cette dernière a refusé de courber l’échine et de devenir musulmane. Il n’ y a, non plus, aucune trace dans l’Histoire officielle ou dans celle enseignée dans les écoles sur un fait historique important, à savoir : le fait que c’est le résistant Koceila qui a abattu un certain Okba Ibn Nafaa.
Au moment où le pouvoir interdisait aux familles berbères de prénommer leurs enfants Koceila, on a donné le nom de Okba à une ville algérienne et à plusieurs institutions. Toutes ces pratiques tyranniques sont une preuve qu’il ne reste rien à espérer de la part du pouvoir algérien et qu’il est temps pour que les kabyles prennent leur destin en main, avant qu’il ne soit trop tard.

Lyès Medrati pour Tamurt

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