Pyongyang teste l’axe américano-chinois



NucléaireA peine la rencontre entre Obama et Xi Jinping terminée, la Corée du Nord a tiré un nouveau missile.

La réponse de la Corée du Nord à l’alliance entre Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping, jeudi à Washington, ne s’est pas fait attendre. Quelques heures après que les Etats-Unis et la Chine ont discuté en marge du sommet sur la sécurité nucléaire de la manière de «décourager les tests de missiles nucléaires» nord-coréens, Pyongyang a tiré vendredi un nouvel engin de courte portée qui s’est abîmé en mer, selon le gouvernement sud-coréen.
Séoul a également accusé son voisin de brouiller ses systèmes GPS depuis jeudi. Et So Se Pyong, l’ambassadeur de Corée du Nord aux Nations Unies à Genève, a affirmé à l’agence Reuters que son pays poursuivrait son programme nucléaire et de missiles balistiques.

Augmenter la pression

Dans ce contexte, Barack Obama souhaite que la Chine accroisse la pression sur la Corée du Nord après avoir voté en faveur des sanctions le mois dernier. Pékin représente 70% des échanges commerciaux avec la Corée du Nord et peut avoir un poids considérable en appliquant le nouveau régime de sanctions.

Jeudi, Barack Obama s’est aussi entretenu avec la présidente sud-coréenne Park Geun-hye et le premier ministre japonais Shinzo Abe pour tenter d’accroître la pression sur la Corée du Nord. Cette rencontre s’est déroulée alors que les Etats-Unis et la Corée du Sud ont entamé il y a quelques semaines leurs exercices militaires annuels sur la péninsule coréenne.

Détermination américaine

Lors d’une conférence de presse peu après l’entrevue entre les trois leaders, Dan Kritenbrink, le responsable des Affaires asiatiques au Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, a souligné «la détermination et la capacité» des Etats-Unis et de leurs alliés à «contrer la menace émanant de Corée du Nord». Le conseiller de Barack Obama a souligné le niveau «sans précédent» de la coopération entre les Etats-Unis et la Chine.

Les motivations de Pékin à collaborer avec les Etats-Unis dans le dossier nord-coréen divisent néanmoins les experts. Lors d’un débat organisé par le New York Times, plusieurs d’entre eux ont avancé des raisons différentes pour expliquer la volonté de la Chine de museler les ambitions nucléaires de Pyongyang. Ali Wyne, un chercheur à l’Atlantic Council, a souligné les craintes chinoises de voir la Corée du Nord imploser, ce qui créerait un exode de réfugiés vers la Chine et pourrait aboutir à une réunification avec la Corée du Sud, proche alliée de Washington. De son côté, Sue Mi Terry, une ancienne analyste de la CIA, estime que Kim Jong-un, le leader nord-coréen, est en train de tester les limites de la patience de la Chine.

Appel à la prudence de Schneider-Ammann

«La Corée du Nord est une question très délicate», affirme Johann Schneider-Ammann qui a participé au sommet sur la sécurité nucléaire à Washington. Le président de la Confédération a appelé à la prudence pour ne pas susciter des «réactions» de Pyongyang et s’est prononcé en faveur de l’inclusion, à terme, de la Corée du Nord dans un processus diplomatique à déterminer mais permettant de «contrôler ses armes nucléaires».

(24 heures)

Source : www.24heures.ch / Par Jean-Cosme Delaloye

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