Qu’allez-vous nous dire, maintenant, Monsieur Raouraoua ?



C’est la question que peuvent légitimement poser Ali Bencheikh, Rabah Madjer et autre Ali Fergani au président de la FAF, Mohamed Raouraoua, après la débâcle des Verts, samedi dernier à Uyo, face au Nigéria (3-1).

Arrogant et suffisant, Mohamed Raouraoua n’était pas allé avec le dos de la cuillère ces derniers mois en parlant des anciens internationaux. Il leur a tout simplement dénié le droit d’avoir un avis sur la sélection nationale. Il a laissé entendre aussi que ceux-là (les anciens internationaux) ne sont pas au courant de ce qui se passe dans le monde en matière de football et que, par conséquent, il est le seul à même de conduire les affaires du ballon rond en Algérie.

Jusqu’à la veille de la rencontre face au Nigéria, le président de la FAF croyait dur comme fer que les joueurs allaient sortir un grand match et qu’ils allaient faire à l’occasion un bon résultat, confirmant ainsi qu’il avait tout faux. La preuve, la sélection algérienne a enregistré une défaite amère face à une équipe qui est loin d’être un foudre de guerre.

Maintenant que les carottes sont cuites, ou presque, Mohamed Raouraoua a changé de fusil d’épaule et tient désormais un langage d’épicier. Pour lui, rien encore perdu ; il suffit que l’Algérie gagne les quatre matches qui restent à jouer et le tour est… joué ! A ce niveau de la responsabilité, on ne sait plus si c’est de la naïveté ou de la médiocrité.

Pire encore, comme si de rien n’était, le président de la FAF se projette déjà dans la CAN 2017 au Gabon. Il voit en la prestation des Verts en seconde mi-temps du match de samedi un motif de satisfaction, comme pour nous dire que si l’Algérie rejouait comme cela au Gabon, elle remporterait immanquablement la CAN. Voilà comment raisonne quelqu’un qui n’a jamais joué au ballon !

Mohamed Raouraoua fait semblant d’ignorer que l’équipe algérienne a perdu, ces dernières années, tous ses matches face aux grandes sélections du continent (Ghana, Côte-d’Ivoire, Nigeria, etc.), mettant ainsi en doute sa position réelle ou supposée de meilleure équipe d’Afrique. Mohamed Raouraoua fait semblant d’ignorer aussi que l’équipe algérienne qui avait battu le Nigeria en 1981 à Lagos (2-1) était composée majoritairement de joueurs issus du championnat national.

Le plus étonnant dans l’affaire est que le président de la FAF reste imperturbable quoiqu’il arrive. « Donnez-moi un Feghouli issu du championnat national et je ne ferai plus appel aux joueurs des championnats étrangers », avait-il récemment asséné, oubliant qu’il est le premier comptable de ce que produit, ou ne produit pas, le championnat algérien.

Ahcène Bettahar

Source : lematindz.net

Laisser un commentaire