Quand François Hollande montre la voie aux présidents algériens



Qu’il soit d’un club, d’une fédération ou d’un pays, un président en Algérie a ceci de particulier qu’il n’abdique jamais, ou presque, il se croit peut-être plus fort et plus intelligent que François Hollande qui vient de renoncer à briguer un second mandat.

Une force invisible protège les présidents algériens, parce qu’on ne veut surtout pas les voir partir sous la pression populaire, de peur d’assister impuissants à l’effet domino. Un président en Algérie, à de rares exceptions près, devient du coup indétrônable.

Prenez le cas de Mohand Cherif Hannachi, le président de la JS Kabylie. Pas moins de deux marches populaires ont été dernièrement organisées dans les rues de la ville de Tizi Ouzou pour exiger son départ, mais en vain. Moh Cherif Hannachi continue à vaquer à ses occupations présidentielles, comme si de rien n’était, convaincu sûrement que c’est la faute aux autres si la grande JSK ne joue plus les titres.

Le tonitruant Omar Ghrib, lui, a changé depuis son retour aux affaires du Mouloudia d’Alger. Il est pire qu’avant ! Réputé pour n’avoir pas la langue dans sa poche, il dit les choses sans détours ni tergiversations, quel que soit son vis-à-vis, fût-il la puissante Sonatrach.

L’autre président qui a défrayé la chronique ces derniers temps n’est autre que Mohamed Raouraoua, ou plutôt El Hadj Mohamed Raouraoua, comme aiment l’appeler affectueusement ses amis d’aujourd’hui. Qui vivra verra comment l’appelleront-ils quand il quittera la FAF et qu’il ne sera plus celui par qui arrivent les billets d’avion et les nuitées dans des palaces.

L’exemple concret nous vient de ces ex-présidents d’APC de l’Algérie profonde. Adulés et chouchoutés il n’y a pas si longtemps de cela par une nuée de laudateurs voraces, qui pour un marché de gré à gré, qui pour un logement, qui pour un lot de terrain, ces ex-maires font maintenant pitié à les voir raser les murs.

Ainsi donc, François Hollande ne se portera pas candidat à sa propre succession dans l’intérêt de la France, comme dirait Ahmed Ouyahia. Quant aux présidents bien de chez nous, ils ne veulent pas abdiquer dans l’intérêt de l’Algérie. Ils pensent certainement qu’ils sont une chance pour nous autres et qu’ils sont donc irremplaçables. Jusqu’à preuve du contraire !

Ahcène Bettahar

Source : lematindz.net

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