Qui parlera aux Algériens au cas où… ?



Si beaucoup d’Algériens croient dur comme fer que le pays fonce droit dans le mur, personne en revanche ne semble être en mesure d’avancer le nom de celui qui s’adressera aux citoyens au moment de l’impact.

Théoriquement, c’est le chef de l’Etat qui s’adressera aux Algériens en cas de coup dur, comme le prévoit la Constitution. Seulement voilà, l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika étant ce qu’il est, cette hypothèse tombe donc automatiquement et ouvre la voie à une autre qui pourrait attiser le feu, au lieu de le combattre.

Après les émeutes de ces derniers jours dans quelques wilayas, tout le monde avait en effet suivi les interventions du premier ministre, Abdelmalek Sellal, et du ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui. Des interventions pour le moins lamentables. Il y a des gouvernants comme ça, qui continuent à afficher un flegme ou d’user de blagues de mauvais goût, même quand la situation est explosive.

Certains de nos gouvernants n’ont de politique que celle de l’autruche. Ils croient peut-être qu’il suffit d’apparaître quelques minutes à la télévision, de dire quelques insanités, comme par exemple accuser des parties sans les identifier, et le tour est joué.

Ces gouvernants vivent physiquement en Algérie, mais sont totalement déconnectés de la réalité algérienne. Ah s’ils marchaient seulement dans la rue, entraient dans les cafés ou dans les salons de coiffure ! Là, ils auraient immanquablement une idée assez précise des rêves des Algériens.

Lors des sanglants événements d’octobre 1988, c’est le défunt président Chadli Bendjedid en personne qui était apparu à la télévision pour parler aux Algériens, en écrasant une larme. En janvier 2017, c’est Abdelmalek Sellal qui l’a fait en usant d’ironie. Et demain, qui ira au charbon ?

Lire les messages du chef de l’Etat ou manœuvrer subtilement en coulisses est une chose, affronter les Algériens, les yeux dans les yeux, en est une autre.

Ahcène Bettahar

Source : lematindz.net

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