Rapport de Laksaci sur la situation économique de l’Algérie : les sept points à retenir



Mohamed Laksaci a présenté, ce mercredi 23 mars, son rapport annuel devant les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN). Nous avons retenu sept points de son rapport dont nous détenons une copie.

1- Mesures pour faire face à la crise

En dépit des « coussins des réserves de change » constitués durant 14 ans, l’Algérie a commencé à prendre en 2015 des mesures pour faire face à la chute des prix du pétrole, rappelle Laksaci. Le gouverneur de la Banque d’Algérie cite notamment la mise en place des licences d’importation qui sont entrées en vigueur en janvier 2016.

Pour sa part, la Banque d’Algérie a renforcé les conditions de la domiciliation bancaire pour les opérations d’importation, renforcé le contrôle des banques, réduit à deux reprises, le niveau des engagements extérieurs des banques, liste Laksaci.

Il a annoncé de nouveaux tests de simulation des risques pour 2016 pour évaluer la capacité des banques à supporter la pression induite par la baisse des recettes en devises. « La sauvegarde du système bancaire est un élément principal pour un rôle plus efficace des banques dans le financement des investissements productifs », soutient Laksaci.

2- Refinancement des banques

« Après 14 ans de non-recours par les banques au refinancement en raison des surliquidités, la Banque d’Algérie va reprendre les opérations de refinancement, nous allons commencer à injecter de la liquidité dans l’économie à partir du deuxième trimestre de 2016 », a-t-il affirmé. C’est-à-dire que la Banque d’Algérie va accorder des crédits aux banques commerciales.

Mais le gouverneur de la Banque d’Algérie avertit que les injections des liquidités ne « devraient pas être traduites par une réduction des réserves de change ». Cet argent ne doit pas donc aller au financement des importations.

M. Laksaci s’est dit également montre favorable à ce que les banques puissent « assumer le risque de change pour les opérateurs qui le souhaitent », a-t-il dit sans donner plus de détails. Mais il a conditionné cela par le développement du marché interbancaire.

3- Que doivent faire les banques ?

Mohamed Laksaci estime que les banques devront renforcer leurs capacités dans l’accompagnement et la création de PME/PMI de production, d’être plus efficaces dans le domaine du conseil de la clientèle, de développer leurs expertises dans le domaine de l’analyse et l’évaluation des projets d’investissement, de diversifier les outils de financement, de développer des produits financiers attractifs, mieux rémunérés, pour encourager  les dépôts à termes, en raison de l’importance du volume de la monnaie fiduciaires (30% de la masse monétaire).

Dans la foulée, il a annoncé le lancement en 2016 d’un nouveau plan pour le financement de la croissance économique en dehors des hydrocarbures qui permettra aux banques de développer les dépôts à terme…

4- Valeur du dinar

M. Laksaci a d’abord rappelé que la définition de la valeur du dinar fait partie des prérogatives de la Banque d’Algérie. Il a précisé aussi que l’Algérie ne peut pratiquer des taux de change multiple, en réponse à ceux qui disent le contraire. Il a expliqué que le dinar a baissé de 19,6% par rapport au dollar entre septembre 2014 et septembre 2015. Il précisé que la monnaie nationale a reculé de seulement 2,2% par rapport à l’euro, durant la même période.

5- Ouverture d’agences bancaires à l’étranger

M. Laksaci a précisé aussi qu’aucune banque n’a présenté une demande de création d’une agence à l’étranger et que son institution était prête à étudier d’éventuelles demandes.

6- Petite monnaie

Face au problème du manque des pièces de monnaie, M. Laksaci affirme que la Banque d’Algérie a entamé une opération de renforcement de ses capacités de production en pièces métalliques. Il a également promis de prendre des mesures pour une meilleure disponibilité de ces pièces dans les agences bancaires et dans les bureaux de poste.

7- Bureaux de change et marché noir de la devise

Le gouverneur de la Banque d’Algérie a enfin abordé la question relative à la création de bureaux de change, l’allocation touristique et le marché noir des devises. Il a annoncé l’élaboration d’un nouveau règlement modifiant les conditions d’agrément des bureaux de change.

Source : tsa-algerie.com / Ali Idir

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