La reine Kahina (Dihya) revisitée par Moh Cherby et Thierry Deslot.



Dihya, plus connue sous le nom de Kahina, est la fille du roi Tabet de la tribu des Idjerawen, dans les Aurès.

Nous sommes au début du 7eme siècle. Le roi Tabet régnait avec bonheur dans la capitale de Mascula. Depuis des années, il attendait et espérait un enfant. Un jour, la reine donna la vie en laissant la sienne à une fille qui marquera plus tard l’histoire par son héroïsme, son intelligence et sa bravoure. Il s’agit de Dihya/Kahina.

Les années passent, la princesse révèle une personnalité impressionnante. Elle s’impose parmi les garçons comme un leader incontestable. Elle s’entraine en imaginant des opérations contre des ennemis imaginaires. Elle excelle dans le maniement des armes, la course de cheval et la lutte. Séduisante et majestueuse avec sa chevelure rousse qui flotte librement au gré du vent, Dihya est convoitée par tous les chefs des tribus voisines.

Nous sommes en 632. La péninsule arabique est islamisée par la force. Les disciples du prophète Mohamed veulent islamiser les autres peuples par la force du glaive. Pendant des années les conquêtes brutales se multiplient : Syrie, Irak, Arménie, Iran, Egypte…

Nous sommes en 680. Les islamistes veulent conquérir l’Afrique du Nord. Dihya et Kuseyla repoussent les assauts d’Okba.

En 689, Zuhir repart de nouveau à la conquête de la Numidie. Kuseyla est tué dans le combat. Dihya ordonne à ses troupes de battre en retraite. Dans son camp, Dihya exhorte ses combattants à continuer le combat en leur disant :

« O terre des Imazighen, je te fais le serment que tu leur appartiendras toujours. Nul pied étranger ne pourra supporter de te fouler longtemps. Tu es trop fière et trop ardente pour ne pas brûler la peau de tes ennemis. Que m’importe la mort puisque c’est en ton sein que je serai ensevelie ! »

Vers 698, Hassan arrive à vaincre l’armée dirigée par Dihya. Avant de mourir dignement, elle prit soin de laisser un message immortel :

« Frères Imazighen ! Même si le destin exige que nous baissions les armes et que dans les temps futurs je ne sois pas là pour vous guider, je vous en supplie, en souvenir de moi, ne laissez jamais notre pays, nos terres à l’envahisseur arabe. Prenez soin de notre culture, de notre langue Tamazight et de nos croyances. Si vous abdiquez devant l’ennemi, nos sacrifices n’auront servi à rien et ce sera la fin de notre civilisation. »

Pour plus d’informations, je vous recommande le livre très passionnant écrit conjointement en tamazight et en Français par Moh Cherbi et Thierry Deslot. Ce livre de 54 pages, illustré par Tarik Bellahcene est intitulé, « La Kahena, reine des Berbères. » Il coute 430 DA.

Par Hammar Boussad.

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