Renault Talisman : l’élégance à la française ?



Avec Talisman, Renault repart à l’offensive sur le segment des grosses berlines après une série d’échecs retentissants. La marque au losange présente une voiture au style affirmé et qui se distingue nettement de ses rivales allemandes. Le constructeur français s’est donné les moyens de réussir son pari.

Renault Talisman Initiale Paris 160 EDC Diesel

De tous les (très) nombreux lancements de Renault depuis deux ans, celui-ci est probablement le plus critique. La Renault Talisman a la lourde charge de réhabiliter la marque au losange sur le segment D, un terrain perdu depuis près de quinze ans maintenant au profit des marques allemandes. Le bilan des échecs de Renault est accablant : Vel Satis, Laguna 3… Pourtant ce segment est stratégique en présentant trois enjeux majeurs. Il a d’abord une portée de prestige puisqu’il représente le haut de gamme et donc ce qu’une marque fait de mieux. Ensuite, il est un vecteur crucial des ventes aux entreprises. 70% des Volkswagen Passat sont ainsi destinées aux flottes d’entreprises. Enfin, ce segment doit permettre à Renault de sortir des petites voitures qui ont fait l’essentiel de ses volumes ces dernières années et qui malheureusement sont très peu profitables tant les prix sont serrés. La marque emmenée par Carlos Ghosn ne pouvait décemment pas se louper sur ce nouveau modèle qu’elle a décidé de rebaptiser Talisman pour tenter de faire oublier les derniers échecs de Laguna.

A contre-courant du standard Premium

Sur le look, Renault semble avoir remporté son pari. La Talisman s’est dotée d’une vraie personnalité. La proue avant est particulièrement réussie. Les nervures du capot sont très prononcées, et pourtant, elles n’ont rien d’agressif, au contraire, elles sont toutes en rondeur. La Talisman s’affiche donc avec des lignes très élégantes, mais sans singer les standards des voitures Premium à l’allemande, avec leurs lignes très austères. Au contraire ! Mais, la signature stylistique arrière est plus discutable. Le contraste est saisissant entre l’avant très imposant et l’arrière très léger où les lignes sont très discrètes et effilées. Les feux arrière sont très peu travaillés, au contraire des phares avant.

Mais sur ce segment, l’extérieur joue autant que l’intérieur aux yeux des consommateurs. Sur l’aménagement de l’habitacle, pas de grosses surprises. L’espace est généreux à l’avant, comme à l’arrière et le coffre est également très spacieux. Nous avons été nettement plus déçus, en revanche, par la finition Initiale Paris, censée être la finition haut de gamme de la marque. En général, celle-ci est plutôt réussie, l’aménagement est astucieux et ergonomique. Mais sur la Talisman, la finition Initiale n’est pas tout à fait à la hauteur.

Une baguette en bois très plastique

Sur la planche de bord, on peut contempler un beau cuir, mais au toucher un peu rugueux. Mais c’est la baguette en bois censée donner un cachet d’élégance qui déçoit le plus. Son aspect plastique rappelle en réalité les meubles bas-de-gamme en aggloméré. Dommage. Mais, Renault se rattrape avec une ergonomie bien pensée et astucieuse. L’écran GPS posé à la verticale, rangements malins derrière le levier de vitesse, tiroir planqué pour ranger des boissons fraîches… L’assise est notoirement confortable: réglage électrique, sièges massant et chauffant. L’environnement est plutôt agréable.

Un regret toutefois, la commande de climatisation disparait pour être instaurée dans l’écran tactile. A première vue, l’idée est futée car elle permet d’économiser les innombrables boutons de cette commande. Sauf qu’en pratique, la commande n’est pas directement accessible et l’activation sur l’écran (par glissement des doigts du bas vers le haut) rate une fois sur deux dans le meilleur des cas. Un peu énervant surtout lorsqu’on est au volant. Enfin, on apprécie le système de verrouillage des portes simplissime de Renault qui consiste à s’éloigner de la voiture avec la clé électronique, là où les autres constructeurs y compris Premium suggère encore une manipulation soit sur la poignée soit avec la clé.

Motorisation efficace

Côté motorisation, inutile de s’orienter vers une 110 car aussi bonne soit-elle chez Renault, elle ne suffira pas à pousser l’engin en tout cas dans des conditions confortables. La 160 chevaux diesel que nous avons essayé, nous a semblé être le minimum pour profiter des joies de cette grosse berline. Talisman offre une conduite réactive et dynamique agrémentée d’une bonne agilité, sans parler de l’excellente tenue sur route. La boite automatique est performante avec très peu d’à-coups entre les vitesses. Que demander de plus ? Ne comptez pas sur l’acoustique pour gâcher l’ambiance à bord. Au contraire, on reste au calme y compris à grande vitesse. En revanche, nous sommes déçus par les suspensions trop fermes de la Talisman. Une différence de taille qui peut faire la différence avec ses concurrentes allemandes.

La rivale allemande, voiture de l’année 2015

Côté prix, le modèle essayé est en finition Initiale Paris à 41.000 euros. Le premier prix de la gamme est à 27.900 euros pour la 110 chevaux en boîte manuelle. Sur l’entrée de gamme, la Talisman se situe au-dessus de ce que propose la Passat de Volkswagen (25.700 euros). Un véritable handicap pour Renault, surtout on ajoute le titre de voiture de l’année remportée par l’Allemande.

Mais Talisman espère surtout se démarquer grâce à son atout charme, et cette élégance toute française dont ne peuvent se prévaloir ses rivales allemandes. L’agrément de conduite devrait achever de convaincre les acheteurs, à conditions que ceux-ci ne se formalisent pas des approximations des finitions intérieures, ou de la fermeté des suspensions.

Renault Talisman : l’élégance à la française ?

Renault Talisman : l’élégance à la française ?

Renault Talisman : l’élégance à la française ?

Source : tsa-algerie.com / Nabil Bourassi – En partenariat avec La Tribune

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