Répression et pillages en RD Congo : au moins 17 morts à Kinshasa



Du côté des civils, 14 personnes ont été tuées parmi « les pillards », alors que du côté des autorités, trois policiers ont perdu la vie, dont un « brûlé …

La tension politique est à son comble. Le mandat de Joseph Kabila doit se terminer le 20 décembre. Et les autorités sont censées, trois mois avant cette date butoir, fixer le calendrier électoral. Mais jusque-là, rien n’a été précisé. Ce qui a mis le feu aux poudres.Au moins 17 personnes sont mortes dans des violences lundi à Kinshasa avant une manifestation d’opposition. Le bilan est « provisoire », selon le ministre de l’Intérieur congolais, Evariste Boshab.

Du côté des civils, 14 personnes ont été tuées parmi « les pillards », alors que du côté des autorités, trois policiers ont perdu la vie, dont un « brûlé vif », selon les propos que M. Boshab a tenu lundi lors d’une conférence de presse dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC)

Plus tôt dans la journée suite à l’annonce du décès deux policiers, la manifestation d’opposition avait été annulée. Réuni autour de l’opposant Etienne Tshisekedi, un « rassemblement » des principaux partis d’opposition a appelé à manifester lundi dans tout le Congo pour signifier au président Joseph Kabila son « préavis », trois mois avant l’expiration de son mandat, le 20 décembre, et exiger la convocation de la présidentielle avant cette date.

A Kinshasa, la manifestation devait commencer à 13h00 (14h00 en Suisse), mais plusieurs heurts ont opposé des jeunes armés de pierres à la police antiémeute dans la matinée à Limete, quartier où l’UDPS – le parti d’Etienne Tschisekedi – a son siège.

Les autorités ont dénoncé plusieurs pillages et incendies criminels ayant visé des permanences de formations politiques de la majorité. Très véhéments, des groupes de quelques dizaines à plusieurs centaines de jeunes ont affronté des policiers antiémeutes en lançant en français ou en lingala des « Kabila akende » (Kabila dégage !) ou « Kabila doit partir ». A Limete et près du Palais du peuple (Parlement), la police a répliqué aux jets de pierre à coups de grenades lacrymogènes.

Arrestation et pillages

Un photographe de l’AFP et une journaliste de RFI qui couvraient ces événements ont été interpellés à la mi-journée par la police militaire. Les autorités congolaises ont assuré qu’ils seraient libérés rapidement, mais les deux reporters n’avaient pas recouvré leur liberté à 15h30.

Selon des sources de sécurité privées, il y a eu quelques pillages épars dans des quartiers sud de la capitale ayant visé des agences bancaires ou des magasins tenus par des Chinois. De source diplomatique, on signalait des échauffourées en « divers endroits » dans ces zones. Le calme semblait revenir en milieu d’après-midi.

Quitter le pouvoir

Joseph Kabila, 45 ans, est arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila. La Constitution congolaise lui interdit de se représenter, mais il ne donne aucun signe de vouloir quitter le pouvoir.

Alors que la présidentielle apparaît impossible à tenir dans les temps, le « rassemblement » constitué autour de M. Tshisekedi refuse le « dialogue national » en cours à Kinshasa entre la majorité et une partie de l’opposition.

Forum pour un accord

Ce forum est censé déboucher sur un « accord politique » de sortie de crise et ouvrir la voie à des élections « apaisées » mais retardées. Il devait s’achever samedi, mais les négociateurs ne sont pas encore parvenus à s’entendre sur tous les points à l’ordre du jour, et le travail sur le calendrier des élections devait reprendre lundi. Habituée aux violences à caractère politique, Kinshasa avait des airs de ville morte lundi.

Des villes désertes

Dans plusieurs quartiers, les écoles étaient désertées par les élèves, les parents préférant les garder à la maison. De nombreuses boutiques étaient fermées, la circulation était presque inexistante. Faute de clients, quelques taxis (peu nombreux) cassaient leur prix.

Une atmosphère semblable régnait à Lubumbashi (sud-est), la deuxième ville du pays, où des soldats sont venus renforcer en masse la police autour des principaux bâtiments publics et dans les quartiers réputés acquis à l’opposition.

A Bukavu (est), quelque 300 personnes manifestaient à la mi-journée pour demander le « respect de la Constitution » avec des urnes en toile pour dire que la tenue de la présidentielle dans le délai est encore possible, selon le correspondant local de l’AFP.

Avec AFP

Source : lematindz.net

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