Retrait d’un livre scolaire : complot ou simple erreur d’impression ?



le scandale du nouveau livre de géographie de première année moyenne dans lequel on a décelé une « erreur », le remplacement de la Palestine occupée …

La polémique sur la réforme du bac ne s’est pas encore estompée que voilà la ministre de l’Éducation, Nouria Benghebrit, confrontée à une nouvelle épreuve : le scandale du nouveau livre de géographie de première année moyenne dans lequel on a décelé une « erreur », le remplacement de la Palestine occupée par Israël.

Même s’il ne désigne pas nommément de « coupable », le département de Benghabrit suggère, cependant, que l’erreur relève de la responsabilité de l’imprimeur, la copie originale validée ne contenant pas d’erreur.

En attendant les résultats de l’enquête pour déterminer s’il s’agit d’une simple erreur d’impression ou d’un complot, Benghebrit a décidé d’une première mesure : le retrait immédiat du manuel.

Mais, il n’en fallait pas plus pour provoquer une cascade de réactions sur la toile et susciter l’ire des islamo-conservateurs.

« Le mouvement (le MSP, NDLR) va travailler autour de ce sujet sensible avec toutes les instances et les personnalités concernées. Et toute personne pouvant apporter sa contribution au plan culturel, pédagogique et scientifique pour affronter les dangers qui planent sur le système éducatif est la bienvenue », a réagi sur son compte Facebook, le président du MSP, Abderrazak Makri, qui n’a pas encore tardé à dégainer.

Il annonce, dans la foulée, la constitution d’une commission d’experts pour présenter un rapport global sur les manuels mis à la disposition des « potaches ». «Nous informons l’opinion publique que nous avons constitué aujourd’hui (jeudi, NDLR) une commission de spécialistes pour passer sous la loupe tous les livres puis nous présenterons un rapport global sur les aspects relatifs à l’identité et à la pédagogie », a-t-il indiqué.

Un autre leader islamiste, Ahmed Dane, un ancien du MSP, n’a pas tardé à réagir. Pour cet ancien du MSP, qui a créé son propre parti, il n’y a aucun doute : il ne s’agit nullement d’une erreur d’impression, mais d’ « une violation flagrante » de la position de l’Algérie vis-à-vis de la question palestinienne.

Et il n’est pas exclu que, dans les prochaines heures, d’autres voix viennent à s’élever pour sonner le hallali de la ministre, dont le seul tort est de vouloir réformer une école sinistrée qui ne produit plus d’élites.

Avec ce nouveau « scandale », aux relents de « complot » pour les soutiens de Benghabrit, c’est une nouvelle séquence de la bataille engagée par certains milieux contre la ministre depuis sa nomination peu après l’élection présidentielle de 2014.

Attaquée sur ses prétendues origines juives, dès son installation, Nouria Benghebrit a été ensuite accusée de vouloir introduire l’arabe dialectal dans le préscolaire, de chercher à réduire l’enseignement des sciences islamiques et de franciser l’école.

En juin dernier, elle a eu à affronter une fraude massive au Bac, assimilée par certains à une entreprise de déstabilisation. « Des conservateurs dans le milieu politique et au sein des médias sont derrière la campagne contre Benghebrit », avait réagi alors Ahmed Ouyahia dont le parti fait partie des rares soutiens de la ministre. « Que veulent-ils de la ministre ? Que lui reprochent-ils ? De vouloir rendre l’école un lieu de savoir par excellence ?», avait-il ironisé.

Même la réforme de l’examen qu’elle a annoncé n’a pas échappé à des rumeurs distillées par les mêmes milieux sur une prétendue suppression des sciences islamiques. Des rumeurs qu’elle avait démenties au demeurant.

Dès lors l’on se demande sur l’objectif de cet acharnement contre la ministre et qui veut réellement sa tête, elle qui jouit, il faut se rendre à l’évidence, d’un soutien mitigé de la part du gouvernement et du parti majoritaire le FLN ?

Cet acharnement fausse le débat sur l’avenir de l’école algérienne et le projet de réforme prôné par la ministre de l’Éducation.

Source : tsa-algerie.com / Riyad Hamadi

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