La révolte des arbres. Par Hammar Boussad.



A1 : J’ai horreur du Vendredi.

A2 : Moi aussi mais il ne faut pas le crier très fort sinon les intégristes viendraient nous abattre avec leur haches.

A1 : Je ne parle pas des barbus, je parle des nouveaux débarqués.

A2 : Tu veux parler de ce groupe de randonneurs qui viennent nous embêter chaque Vendredi.

A1 : Parfaitement, comment s’appellent-ils déjà ?

A2 : Ils se dénomment pompeusement « Les randonneurs du Djurdjura ».

A1 : J’ai envie de m’élever très haut dans le ciel quand je les vois.

A2 : Tu as vu leurs manières et leurs comportements ?

A1 : Incroyable ! Ils se croient tout permis comme s’ils étaient chez eux.

A2 : Ils crient et chantent comme des animaux.

A1 : Ils battent le tambour comme les êtres primitifs.

A2 : Tu as vu le gros ours qui danse en piétinant les plantes.

A1 : Oui, je crois qu’il s’appelle Mhend Aghersiw.

A2 : Autrefois, il y avait un vieux qui les sensibilisait sur le respect de l’environnement en général et les arbres en particulier. Je ne le vois plus maintenant.

A1 : Le brave homme est mort dans les bras de la nature adossé à un arbre.

A2 : Maintenant, ils ne parlent que d’amour et de politique.

A1 : Ils me dégoutent. J’ai envie de les uriner.

A2 : Quand ces sauvages retournent chez eux, nous pouvons enfin respirer, se relaxer et apprécier le silence entrecoupé de musiques en sourdine belles et naturelles, dénuées d’agressivité. Les oiseaux, les feuilles, les ruisseaux, le vent, les insectes…produisent des chants incomparables avec le vacarme effrayant et assourdissant des bipèdes.

A1 : Quand nous serons assez hauts pour atteindre le ciel, nous prierons le bon Dieu de supprimer le Vendredi du calendrier pour que ces gens n’aient plus le temps de venir dans la forêt perturber notre sérénité

A2 : Tu as raison.

Par Hammar Boussad.

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