Sadi Amara : Une encyclopédie vivante de la JSK



Sadi Amara est né en 1962. Ami d’enfance, nous avions étudié ensemble à l’école primaire d’Ihitoussene, puis au CEM de Bouzeguène et enfin au lycée Chihani Bachir d’Azazga.

Très tôt, vers l’âge de douze ans, il a commencé à s’intéresser à la JSK. Il dévorait avec avidité tous les articles de la rubrique sportive, en particulier, ceux qui traitent de son équipe favorite. Son défunt père, qui était un taxieur exemplaire, lui ramenait souvent des journaux. A l’époque du parti unique, il existait peu de titres.Tous faisaient l’apologie du pouvoir en place.

Il a fallu attendre 1988 pour goûter enfin à la liberté d’expression, arrachée dans la douleur par les enfants d’octobre. A contre cœur, Chadli Bendjedid a avalisé la création des partis politiques et des journaux indépendants.

Notre instituteur, M. Hammoum Lakhder citait souvent en exemple M. Sadi lakhder, le père d’Amara pour expliquer l’adjectif prudent et l’adverbe prudemment.  Au fil du temps, Amara contractait une passion hors du commun pour la JSK. Il archivait tous les articles de la JSK depuis son accession en première division en 1969 jusqu’à aujourd’hui. Son inquiétude est grande de voir ses archives abimées par l’humidité dans la vieille chambre de leur vieille maison. Il espère sortir bientôt en retraite pour pouvoir prendre soin de ses précieux articles.

Amara connait presque tout de la vie du club, ses joueurs, ses entraineurs, ses dirigeants, ses adversaires. Il peut vous parler jours et nuits, sans se lasser, des matches de la JSK : ses résultats, ses buts, ses anecdotes, son palmarès, ses souvenirs, les joies, les déceptions, l’ambiance dans les stades…

Il peut vous parler avec passion des derniers remparts, les grands gardiens de but comme : Boubekeur, Berkani, Cerbah, Tahir, Amara, Gaouaoui…                           De la muraille défensive qui savait si bien jouer le hors-jeu  avec des joueurs de la trempe de Yousfi,Larbes, Meghrici, Adghigh, Heffaf, Menguelti, Iboud Miloud,le capitaine…

Il peut disserter sur les architectes du milieu comme Mustapha Anane, Ali Fergani…qui savaient si bien construire le jeu et alimenter les attaquants avec des passes précises, en profondeur.

Il peut vous parler avec admiration des canonniers comme Rachid Dali, Djamel Menad, Nacer Bouiche…qui faisaient pleuvoir les buts avec l’art et la manière, de la tête et des pieds.

Amara a une nostalgie particulière pour les années d’or de la JSK. A cette époque, le club raflait les titres régulièrement. Il finissait toujours parmi les meilleures équipes, et ce dans tous les domaines, grâce à des dirigeants et des entraineurs stables, intègres et dévoués comme Khalef Mahieddine, Stephane Zywotko…

Aujourd’hui, il est triste et désolant de voir un dictateur à la tête de la JSK, diriger un club qui frôle chaque année la relégation et devient incapable de battre de modestes nouveaux promus, même à domicile.

Rappelons aux jeunes générations que la JSK a été crée en 1946. Elle a accédé en ligue 1 en 1969 et depuis n’a jamais rétrogradé en seconde division.                     Au début de sa carriere, la JSKabylie évoluait au stade Oukil Ramdane de Tizi-Ouzou avec la tenue vert et rouge. Maintenant, elle évolue au stade du 1er novembre avec la tenue jaune et vert, en attendant le nouveau stade qui portera, nous l’espérons de tout cœur, le nom de Lounes Matoub, un autre symbole de la Kabylie.

Pour rappel, la JSK détient en Algérie le record des titres glanés, toutes compétitions confondues : Coupes, championnats et coupes d’Afrique.

Par Hammar Boussad

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