Secrétariat général de l’ONU : le Portugais António Guterres succédera à Ban Ki-moon



Le Conseil de sécurité des Nations unies a choisi à l’unanimité ce jeudi 6 octobre le Portugais António Guterres comme successeur de Ban Ki-Moon au poste de Secrétaire général. « Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens : de la gratitude et de l’humilité », a réagi António Guterres, 67 ans, dans une brève déclaration lue à Lisbonne, selon plusieurs médias.

Sauf surprise de dernière minute, le Portugais prendra la tête de l’ONU à partir du 1er janvier 2017, en remplacement de Ban Ki-moon dont le mandant de cinq ans expire à la fin de l’année.

La candidature de M. Guterres, favori depuis plusieurs mois, va à présent être soumise à l’approbation des 193 États membres de l’Assemblée générale. Cette approbation devrait avoir lieu la semaine prochaine.

Depuis dix ans, l’ex-Premier ministre socialiste portugais occupait le poste de Haut commissaire aux réfugiés (HCR) des Nations unies.

C’est la première fois que la sélection par le Conseil de sécurité du prochain Secrétaire général se fait au grand jour. Le processus, habituellement tenu à l’écart des regards, a inclus cette fois-ci un débat public et une exposition aux médias.

Bien que la préférence soit au départ allée à l’élection d’une femme ou, à l’insistance de la Russie, à l’élection d’une personne originaire d’Europe de l’Est, le Conseil de sécurité, d’ordinaire divisé, s’est rallié autour de M. Guterres. La rapidité avec laquelle le processus s’est déroulé a surpris.

En particulier, l’accord de la Russie et des États-Unis au sujet du candidat était inattendu. En mai dernier, The Economist affirmait qu’aucun des membres permanents du Conseil n’allait accepter la dilution de son pouvoir et que ni la Russie ni les États-Unis ne souhaitaient voir une personne “forte ou indépendante” au poste de Secrétaire général.

Selon un diplomate du Conseil de sécurité, dont les propos ont été rapportés par le Guardian, la Russie aurait voulu que le vote se tienne pendant sa présidence du Conseil de sécurité en ce mois d’octobre. Le Monde émet la possibilité que des postes de haut niveau au sein du secrétariat aient été sécurisés, ce qui expliquerait que la Russie accepte de voir un membre de l’Otan à la tête de l’Organisation.

Samantha Powers, ambassadrice américaine aux Nations unies, a affirmé que les critères déterminants de ce choix ont été “l’expérience, la vision et la faculté d’adaptation du candidat”, ajoutant que l’unité dont a fait preuve le Conseil est celle à laquelle il est urgent d’arriver, dans un contexte où a lieu une “crise au carnage horrifiant” en Syrie, selon des propos rapportés par le New York Times.

S’il est élu, la crise syrienne et l’obtention d’une coopération entre États-Unis et Russie devraient être en haut de l’agenda de M. Guterres. Ce dernier a affronté cette crise au cours de son mandat à la tête du HCR.

En dix ans, l’ancien Haut commissaire aux réfugiés a été présent sur le théâtre de nombreux conflits, notamment en Irak, au Soudan, au Mali et en Afghanistan. En 2012, il avait affirmé à Euronews que nous assistions à « des souffrances humaines d’énorme ampleur » et avait insisté sur la nécessité de trouver des solutions politiques aux conflits en cours.

En 2009, M. Guterres avait affirmé que le conflit à Gaza était “le seul conflit au monde où les personnes n’ont même pas la possibilité de s’enfuir”. Il avait alors exprimé “sa profonde préoccupation devant le lourd tribut payé par les civils dans ce conflit, notamment les enfants”, ajoutant se sentir “profondément choqué et attristé par les souffrances et pertes en vies humaines”.

En ce qui concerne le Sahara occidental, c’est sous la direction de M. Guterres qu’a été officialisé le chiffre de 90.000 Sahraouis établis à Tindouf, alors que le Polisario avançait le chiffre de 160.000 réfugiés.

Du côté des pro-indépendantistes, des craintes se feraient entendre que M. Guterres soit plus favorable aux prétentions marocaines que son prédécesseur.


Source : tsa-algerie.com / Sarah Smaïl

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