Semaine rythmée par les grèves en France



Loi TravailL’Hexagone va vivre une semaine difficile avec de nouvelles manifs contre la loi Travail. Des perturbations sont attendues dans les airs, sur les routes et dans le rail.

Barrages filtrants, blocages de sites sensibles… les routiers ont inauguré mardi en France une semaine de grèves. De nouvelles manifestations contre le projet de la loi Travail sont annoncées.

Lancé par les fédérations des transports CGT et FO, le mouvement des routiers touchait notamment l’ouest du pays. Dès 6h00, quelque 3000 personnes, selon les syndicats, ont paralysé la ville du Havre et ses zones portuaire et industrielle. Une grosse fumée noire était visible à des kilomètres à la ronde du fait des pneus brûlés par les manifestants. Des branches d’arbres servent aussi de combustible.

Dans la région nantaise, le port de Saint-Nazaire était bloqué par les agents portuaires et dockers, tout comme la raffinerie de Donges avec des feux de pneus. «Le port de Saint-Nazaire a complètement cessé ses activités depuis lundi soir, comme tous les ports français», a indiqué mardi Pascal Pontac, secrétaire général CGT du port de Nantes/Saint-Nazaire.

Une opération escargot à Rennes a généré dans la matinée 15 km de bouchons et une manifestation a été signalée sur l’autoroute A11 au Mans. D’autres perturbations étaient signalées à Lorient et à Caen.

Dans le reste du pays, des barrages filtrants ont été mis en place pour bloquer les poids lourds à Calais, Lille, Dunkerque, Avignon, Marseille, Bordeaux, selon le syndicat Force ouvrière-Transports.

Dans la rue

La grogne s’exprimera également dans la rue, avec des manifestations agendées dans plusieurs villes. A Paris, un cortège partira mardi après-midi dès 14h00 de la place de l’Ecole militaire, dans le 7e arrondissement, en direction de la place Denfert-Rochereau.

Il s’agit pour les syndicats de relancer un mouvement qui a été moins suivi la semaine dernière avec 55’000 manifestants recensés par les autorités, contre 390’000 (1,2 million, selon les syndicats) le 31 mars dernier.

Sept syndicats sont à l’initiative de ces nouvelles journées d’actions de mardi et jeudi, les sixième et septième en un peu plus de deux mois, pour contester le texte de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri, jugé trop favorable aux entreprises.

Adopté sans vote en première lecture la semaine dernière après un recours à l’article 49-3, le projet de loi instaure la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branche en matière de temps de travail, un casus belli pour les syndicats.

Répercussions en Suisse

Chez les routiers, on redoute aussi des baisses drastiques de salaires, le texte prévoyant qu’un accord d’entreprise puisse ramener la majoration des heures supplémentaires à 10% au lieu des 25% généralement pratiqués. Pour un chauffeur «qui fait 200 heures par mois, ce sont 1300 euros en moins sur la fiche de paie» annuelle, selon Jérôme Vérité, numéro un de la fédération des transports CGT.

A un mois de l’Euro de football en France, des grèves reconductibles ont également été annoncées dès mercredi à la SNCF, où des revendications internes s’ajoutent au rejet de la loi Travail, ainsi que chez les dockers, marins, facteurs et aux Aéroports de Paris.

Des perturbations sont aussi attendues dans les airs jeudi, jour de mobilisation des aiguilleurs du ciel. Les grèves annoncées dans le trafic ferroviaire auront aussi de fait des répercussions en Suisse (voir encadré ci-contre). (ats/nxp)

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