Son fondé de pouvoir, Guy Feite, avoue un “manque de vigilance”: Bouchouareb s’enfonce



Loin de disculper son mandant, les explications du Français ont eu le don d’accabler davantage l’homme fort du clan présidentiel enlisé dans cette scabreuse affaire des Panama Papers.

Pour voler au secours de son mandant, le fondé de pouvoir de la société offshore au Panama,  la Royal Arrival Corp, dont le propriétaire n’est autre que le ministre de l’Industrie et des Mines,  Abdesselam Bouchouareb, a jugé utile de s’épancher sur le site TSA.

Loin de disculper Bouchouareb, les explications de Guy Feite auront eu le don d’accabler davantage l’homme fort du clan présidentiel, enlisé dans cette scabreuse affaire révélée dans le cadre du scandale Panama Papers qui tient actuellement en haleine l’opinion mondiale. Ses précisions hasardeuses ont tendance à démontrer, en effet,  qu’il y a eu plutôt malversation.

En voulant défendre en l’occurrence les intérêts de son mandant, force est de relever que le mandataire de Bouchouareb n’aura pas choisi, pour l’occasion,  les bons arguments. Sa méconnaissance, du reste, flagrante de la réglementation des changes algérienne notamment en matière de transfert de devises a vite fini par l’enfoncer.

Jugeons-en ! : “On voulait créer une société pour gérer son patrimoine immobilier en Algérie…” Nul besoin d’être expert mais cette seule sentence tombe sous le coup de la loi qui stipule clairement que “la constitution d’avoirs monétaires, financiers ou immobiliers à l’étranger par les résidents à partir de leurs activités en Algérie est interdite”.

Mais d’où provient précisément ce portefeuille d’une valeur de 700 000 euros transférés de la BIL (Banque internationale du Luxembourg) vers la NBAD (National Bank of Abu Dhabi), dont la filiale suisse, basée à Genève, est spécialisée dans la gestion de fortune et le négoce ? “L’argent ne serait pas venu de ses fonctions ministérielles, c’est d’ailleurs impossible”, se contente d’assurer Guy Feite. Le représentant de Bouchouareb atteste seulement que la société en question n’a jamais été active et que les formalités d’ouverture du compte bancaire n’ont pas été toutes accomplies. Il affirme, par ailleurs, qu’il n’y a pas eu de cession immobilière et que les 700 000 euros étaient uniquement une estimation de la liquidation des biens de Bouchouareb.

Pour lui, s’il n’y a pas eu de transfert, il n’y a donc pas eu de délit. Mais pourquoi donc créer une société écran ? Pour Guy Feite, le ministre voulait tout simplement acheter un bien pour sa fille à Genève où elle travaille à Médecins sans frontières (MSF). Pourtant dans ses statuts, la Royal Arrival Corp a bien été créée non pas comme une société de gestion de biens immobiliers mais comme une société de Trading couvrant la négociation de contrats commerciaux  même en Algérie où le propriétaire ne siège pas moins au gouvernement. S’agit-il d’une fausse déclaration ? Que nenni, pour le représentant  de Bouchouareb il s’agit seulement d’une “bêtise, un simple manque de vigilance de la part de notre employé qui a créé la société”.

Assurément, dans cette affaire, Guy Feite et consorts auront, dans le cas d’espèce, manqué d’attention. Dans son intervention sur TSA, il tentera même de faire son mea-culpa en reconnaissant effectivement le mélange des genres. En se montrant évasif quant à la date exacte de création de la société offshore : “Je ne sais plus. C’était en 2014-2015”, le gestionnaire de Royal Arrival Corp jure que cette idée remonte à bien avant la prise de fonction de Bouchouareb. L’entreprise sera tout de même enregistrée au nom du ministre algérien de l’Industrie et des Mines en exercice et ès qualités. “Je n’ai peut-être pas été assez vigilant.

Mais il n’y a aucune volonté de sa part ni de la mienne de faire quelque chose de retors.” Lui-même ayant eu maille à partir avec la justice française dans une vaste escroquerie de petits porteurs, cet ancien agent de change incarcéré dans les années  1980, a chargé, à son tour, le journal Le Monde qui, selon lui, l’a mis en cause injustement.

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