Soufiane Djilali lors d’une conférence animée hier à Tizi Ouzou: “Le pays risque d’aller vers des secousses très fortes avant la fin du mandat de Bouteflika”



Le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, prédit des jours sombres pour le régime et pour l’État algérien.

Intervenant lors d’une conférence qu’il a animée à Tizi Ouzou, conjointement avec Abdeslam Ali Rachedi et Abderrazak Dourari, pour présenter le livre Quelle transition démocratique pour quelle Algérie ?, le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, prédit des jours sombres pour le régime et, déplore-t-il, aussi pour l’État algérien. “Lorsque nous avons créé l’Icso, nous avions conscience qu’avec le quatrième mandat le pays allait s’engager dans une impasse politique et historique. Cette impasse fait que tôt ou tard, et probablement avant la fin du mandat de l’actuel Président, le pays va aller vers des secousses très fortes, très sérieuses et très profondes”, a déclaré Soufiane Djilali qui avertit que “ces secousses risquent de faire tomber non seulement le régime mais aussi l’État en tant que structure”.
Pour l’invité de la librairie Cheikh, le discours ambiant, notamment ceux du directeur d’Ennahar et du secrétaire général du FLN, Amar Saâdani “sont de nature soit à nous conduire à une guerre civile, soit rouvrir tous les drames passés, soit réellement faire tomber l’État”. Pour Soufiane Djilali, il est, autrement, clair, qu’entendre le directeur d’une chaîne devenue grand public, “Ennahar pour ne pas la nommer”, dire, à une heure de grande écoute, que le terrorisme est un fait des services, que tous les généraux sont des voleurs, que depuis que le général Toufik est limogé, il n’y a plus de terrorisme et que le DRS a été démantelé par les Américains, puis entendre aussi le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, attaquer les même personnes avec la même violence, c’est qu’on est en train de remettre en cause la structure de l’État.
Devant cette situation, dira Soufiane Djilali, l’opposition ne peut pas grand-chose si ce n’est de faire comprendre au citoyen les dangers qui arrivent, clarifier le discours, préparer une possibilité d’alternative pour éviter que nous arrive ce qui est arrivé à la Libye. “Ce qu’a fait l’Icso c’est de dépasser les cloisons idéologiques, de se parler de l’islamiste jusqu’au laïc, et de s’entendre sur un document qui peut rester un élément de partage entre nous qui est l’État de droit, la démocratie, le respect des élections et l’égalité des citoyens”, dira le conférencier tout en soulignant que l’étape à venir est de préparer un projet de société. “Si au moins le régime tombe, le citoyen aura en face de lui une opposition qui peut se parler”, a-t-il conclu.
Pour sa part, Abdeslam Ali Rachedi a tenu à dénoncer “le nationalisme populiste du pouvoir”, qui n’a aucune différence, dit-il, avec l’islamisme, et aussi la faillite du système éducatif dont la première raison est, a-t-il souligné, “l’usage de l’arabe classique qui n’est qu’une langue factice qui ne fait que remettre en cause l’algérianité dans l’éducation”. Abderrazak Dourari a axé son intervention, quant à lui, sur les limites d’un régime qui ne s’appuie, dit-il, “que sur trois pieds, à savoir la répression sans limite, la corruption totale et une impunité légendaire”.

Liberte-algerie.com

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