Suicides et violences à annaba des phénomènes inquiétants



Un homme de 80 ans a mis fin à ses jours dimanche dernier en se pendant dans son balcon, au troisième étage d’un immeuble de la ville de Sidi Amar, située à douze kilomètres d’Annaba.

Selon ses proches, le malheureux serait passé à l’acte juste après la prière d’El-Fejr, pendant que le reste de sa famille était encore plongé dans le sommeil. On ignore encore les causes de ce drame.

La gendarmerie a ouvert une enquête pour élucider les circonstances de ce suicide. Notons qu’il y a encore quelques années, le suicide ne concernait que rarement les personnes âgées dans notre société en raison des convictions religieuses profondément ancrées chez la majorité d’entre elles.

Malheureusement, ce phénomène commence à apparaître progressivement, et on compte un autre cas de suicide de ce genre à Annaba qui s’est déroulé en plein centre-ville de la Coquette il y a trois mois environ, où un homme âgé s’était donné la mort de la même façon au quartier populaire la Colonne. Il a été retrouvé sans vie, une corde autour du cou, dans son magasin de cordonnier dont il avait baissé les rideaux avant de passer à l’acte.

Les personnes âgées, protégées jusqu’ici par les liens familiaux solides, se retrouvent souvent déboussolées avec les changements des mœurs qui s’amorcent dans la famille algérienne et sont parfois livrées à elles-mêmes sans personne pour s’occuper d’elles, abandonnées par leurs propres enfants, le plus souvent après de longues années de travail et de sacrifice.

Certaines n’ont pas le moyen de se soigner et aucune association n’existe dans ce domaine pour combler le vide laissé par les autorités locales qui, de leur côté, ne font rien pour aider cette catégorie particulièrement vulnérable de la société. D’un autre côté, sous effet de la drogue et de l’alcool, les jeunes commettent parfois des actes terribles vis-à-vis de ceux qui les ont élevés.

Abandonnés entre les mains de ces délinquants, certains sont agressés, d’autres y laissent parfois leur vie. L’exemple le plus édifiant, et qui a frappé les esprits à Annaba il y a quelques mois, c’est le meurtre d’une mère de famille âgée de 68 ans, tuée par son fils aîné qui l’a poignardée sauvagement dans une baraque du bidonville de Sidi Harb pour une histoire de tasse de café.

Cette vieille maman était le soutien de famille et travaillait, pour faire vivre ses deux garçons, comme femme de ménage.
Au niveau de la Cathédrale Saint augustin, appelée communément par les Bônois « Lala Bouna » et qui compte aussi un hospice, des dizaines de personnes âgées sont abandonnées par leur progéniture, ne leur rendant que très rarement visite ou pas du tout.

Il est temps que la société civile et les autorités locales se penchent sur le sort de ces personnes âgées qui souffrent en silence et vivent des situations qui les poussent parfois, malgré leur foi, aux limites extrêmes.

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Jeune-independant.net

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