Tahar Djaout : Un grand esprit revisité par Rachid Hammoudi



Quelques idées maitresses de Tahar Djaout :

-Il y’a d’un côté la famille qui avance et d’un autre celle qui recule. Il y’a d’un côté les islamistes porteurs d’un projet moyenâgeux et ceux qui plaident pour une Algérie républicaine et moderne.

-Dans ce que j’écris, il y’a une sorte de monument élevé à l’enfance. La blessure béante de la fin de l’enfance, je la porterai toujours en moi.

-J’ai fait des Mathématiques pensant que j’allais en vivre et qu’ainsi je serai libéré des contingences matérielles pour me consacrer à ce qui était mon moi profond, l’écriture.

-En écrivant, mon souhait est de faire quelque chose de neuf et d’original. Il y’a chez moi un souci esthétique primordial. Je n’irai pas jusqu’à faire mienne la thèse qui dit qu’un écrivain n’a rien à dire mais j’avoue que souvent je me sens proche de cette thèse parcequ’en face d’une feuille blanche, on sent souvent le ridicule d’une situation qui voudrait qu’un écrivain puisse se battre avec autre chose que l’écriture.

-Un écrivain ne doit pas être seulement un porte-parole ou un porte-drapeau de la révolution mais il est aussi l’écho des  déchirements du monde. Il ne suffit pas à une œuvre qui claironne la révolution d’être révolutionnaire.

-Je suis depuis longtemps complètement et totalement requis par cette aventure de l’écriture que tout ce que j’ai pu faire à côté ne pouvait être que contrainte en quelque sorte.

-Ce qui est effrayant chez cette nouvelle génération de dévots zélés, c’est sa négation de toute joie, son refus de toute opinion différente, son rêve de soumettre le monde aux rigueurs d’un dogme inflexible.

-Il n’y a pas de religion de la science. Il y’a la religion et il y’a la science. Elles sont toutes les deux respectables mais elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre.

-A l’ère des navettes spatiales, des algériens entrent en transe ou tombent dans les pommes en regardant le ciel. Ils revivent l’âge et les émois de l’homme primitif.

-On ne codifie pas la foi des gens de façon constitutionnelle mais on codifie les devoirs et les droits qui font d’eux des citoyens.

-Le talon d’Achille de l’école est la prééminence de l’idéologie sur la pédagogie.

-La vie parlementaire est une tragi-comédie ou il y’a malheureusement plus à rire qu’à pleurer.

-Je plaide pour la réinvention de la raison, de la tolérance et de la logique pour stopper le naufrage de la société.

 

Pour plus d’informations sur la vie, l’œuvre et le parcours journalistique et romanesque de Tahar Djaout, je vous recommande de lire l’excellent livre de Rachid Hammoudi intitulé « Tahar Djaout, un talent cisaillé », publié aux éditions « L’odyssée », un livre de 158 pages, vendu 350 DA.

Par Hammar Boussad.

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