Tamazight : La déesse de l’enfer ?



La langue Amazigh, ma langue maternelle, est opprimée, réprimée, méprisée. Personne n’avait le droit de faire quoi que ce soit qui fasse la promotion …

Je suis né en 1962. En 1968, je rentre à l’école primaire de mon village natal. Je trouve des instituteurs qui m’enseignaient une langue que je ne connaissais pas. Plus tard, j’ai su que c’était l’Arabe classique, une langue importée de l’orient pour prêcher la religion islamiste. Le pouvoir algérien voulait imposer une langue, une culture, une idéologie unique. Il voulait former des brebis galeuses et non des citoyens mûrs, cultivés, responsables, instruits et conscients.

La langue Amazigh, ma langue maternelle, est opprimée, réprimée, méprisée. Personne n’avait le droit de faire quoi que ce soit qui fasse la promotion de cette langue, autrement une répression terrible s’abat sur sa tête. Les gens étaient réduits à apprendre Tamazight en cachette, dans la clandestinité. Celui qui est surpris avec un alphabet Amazigh encourt beaucoup de désagréments. Ainsi, ils ont voulu effacer complètement notre langue en lui substituant l’Arabe classique.

Quel martyr je vivais pendant le cours d’Arabe ! Que de temps gâché à écouter un discours arabo-islamiste archaïque et inutile ! Quelle terrible tragédie que d’être obligé d’écouter pendant des heures un discours nul, une langue de bois qui prône l’unicité de la pensée : un seul prophète, une seule religion, une seule langue, un seul livre…Durant toute l’année scolaire, ils ne cessent de marteler ces principes débiles pour les quels ils sont prêts à mourir.

Cependant, notre langue Amazigh commence à faire une entrée timide dans l’école algérienne.Que de grèves, de marches, de manifestations ont été organisées pendant des années mais le printemps amazigh de 1980 et le boycott scolaire de 1994-1995 ont été les événements marquants qui ont fait avancer la cause Amazigh. Bien qu’elle soit reconnue langue nationale et officielle en 2016, Tamazight : langue, culture et identité, continue d’être marginalisée et combattue par le pouvoir.

Hammar Boussad pour Tamurt

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