Tislit n ughanim (6), ungal s wazal-is n Racid Buxerrub.



Les mois s’égrènent… Fafuc et son fils vivaient paisiblement dans le vieux taudis cédé par son amie Messad. Fafuc travaillait au lycée El-Khansa de Tizi-Ouzou et Makhlouf vendait des cigarettes au centre ville. Pour une fois, Fafuc mangeait à sa fin et s’habillait correctement.

Le 13 Janvier 1977, elle fut appelée à la barre de Mizrana pour défendre sa cause. Pour rappel, Fafuc avait esté les enfants de ses cousins en justice car ils ont accaparé les terres de son grand-père. C’était la première fois en Kabylie dans les annales judiciaires qu’une femme revendique l’héritage de la terre.

Apres l’avoir écoutée, le juge lui demande de fournir des preuves palpables qui stipulent qu’elle ouvre droit à l’héritage. Fafuc perd le procès et l’espoir de reconquérir un jour ses terres. Elle revint à la maison dépitée.

Son fils Makhlouf décide de s’exiler en France. Après avoir erré dans quelques villes françaises, il retrouve les traces de son père Lbachir, son demi-frère et sa demi-sœur qui parlaient en Français. Les mois passent et repassent, Makhlouf oublie sa mère, son pays natal, son village…ensorcelé par les lumières d’un pays civilisé.

Pendant ce temps, sa mère Fafuc est au comble du désespoir. Elle ne pouvait imaginer un instant que son fils bienaimé pour le quel elle s’est sacrifiée puisse l’abandonner lui aussi. Elle sent les griffes de la solitude l’enserrer comme une proie facile et fragile, sans défense, sans courage, sans forces, sans espoir.

Elle commence à ressentir terriblement les affres de la vieillesse. Usée moralement et physiquement, elle appréhende ses derniers jours. Son corps était décharné. Son esprit devenait incohérent. Ses yeux voyaient mal et ses oreilles entendaient mal également. Ses jambes titubaient en marchant…

Elle décide de retourner à Tafergust, son village natal. Avec ses économies, elle se fit construire une chaumière et acheta quelques chèvres. Elle s’occupa de ses chèvres et évita de bavarder avec les villageoises qu’elle connaissait. Ses chèvres qui portaient toutes des noms de femmes lui obéissaient aveuglement.

Le 31 Mars, un citoyen du village dénommé Tiruc remarqua un fait insolite et inhabituel. Les chèvres sont devant la porte depuis 03 jours mais Fafuc est toujours absente. Tiruc alerte les citoyens du village qui alertent à leur tour la gendarmerie…

Les gendarmes défoncent la porte qui était fermée à clé de l’intérieur. Ils trouvent Fafuc enterrée dans une tombe qu’elle avait elle-même creusée.

The end.

A tous les lecteurs et toutes les lectrices qui aiment la bonne littérature en langue Amazigh, je vous recommande de lire le magnifique roman de Racid Buxerrub, intitulé « Tislit n ughanim », un livre de 157 pages publié aux éditions « El-Amel », prix 250 DA.

Adapté par Hammar Boussad.

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