Trafic de migrants: les réseaux de passeurs engrangent près de 6 milliards de dollars



BRUXELLES – Environ 90% des migrants entrés illégalement en Europe en 2015 sont arrivés via « des réseaux criminels de passeurs » qui ont engrangé « entre 5 et 6 milliards de dollars », ont affirmé mardi l’office européen de police Europol et l’organisation internationale de police criminelle Interpol dans un rapport conjoint.

« 90% des migrants entrés dans l’Union européenne (UE) sont arrivés en passant principalement  par des facilitateurs membres d’un réseau criminel dont le business représente quelque 5 à 6 milliards de dollars », ont-ils déploré dans leur rapport publié mardi.

Depuis 2014, l’Union européenne fait face à une augmentation sans précédent du nombre de migrants illégaux. « L’ampleur des flux migratoires a atteint un niveau record en 2015 et cette tendance devrait se poursuivre en 2016 », préviennent Europol et Interpol dans leur rapport.

Plus de 1,2 million de demandes d’asile ont été déposées dans l’UE en 2015, montrent des statistiques publiées début mars par Eurostat. Il s’agit d’un record absolu, plus de deux fois supérieur au nombre de demandes déposées en 2014, selon l’institut européen de statistiques.

Les demandes émanent principalement de Syriens, Afghans et Irakiens. « Le nombre de demandes déposées par les Syriens a plus que doublé, à 362.775, ce qui en fait la première nationalité en quête du statut de réfugié (29% du total en 2015). Suivent les Afghans (178.230, 14%) et les Irakiens (121.535, 10%) », a précisé  Eurostat.

Les deux organisations de police soulignent, dans leur rapport commun, qu’un « business multinational » avec des médiateurs criminels de plus de 100 pays se trouvent derrière ce flux de réfugiés.

Etant donné qu’en 2015, on estime que plus d’un million de personnes sont entrées dans l’UE et que la plupart d’entre elles ont payé en moyenne de 3.200 à 6.500 dollars à des trafiquants, Europol et Interpol estiment que ce « business » a représenté quelque 5 à 6 milliards de dollars.

« Avec ce rapport commun, nous souhaitons envoyer un message clair à l’UE et à ses Etats membres que nous devons lutter le plus durement possible contre ces réseaux », a expliqué le directeur d’Europol Rob Wrainwright, cité dans le rapport.

« Grâce au nouveau centre contre le trafic d’êtres humains au sein d’Europol et de la collaboration accrue avec Interpol et d’autres partenaires, nous avons à présent les moyens opérationnels de le faire », a-t-il ajouté.

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