Tunisie: Multiplication des mouvements sociaux



Difficultés économiques et multiplication des mouvements sociaux, tels sont les ingrédients de la vie quotidienne en Tunisie.

Installé au palais de la Casbah, il y a quinze mois, le chef du gouvernement Habib Essid n’arrive toujours pas à redonner au peuple cette confiance pour se remettre au travail. Le pays est en panne.
Le tourisme stagne pour ne pas dire qu’il recule et les recettes devant provenir du phosphate sont en régression. Malgré cela, le gouvernement, sous la pression d’une centrale syndicale «peu responsable», n’hésite pas à augmenter les salaires en puisant, le plus souvent, dans les crédits extérieurs destinés normalement à être investis dans le circuit économique.

Serait-ce un moyen d’acheter la paix sociale ? Toujours est-il que même en y recourant, le gouvernement n’est pas arrivé à endiguer le fléau de la crise sociale, sachant que le taux de chômage est de plus en plus inquiétant dans les divers milieux, en particulier parmi les diplômés de l’enseignement supérieur.

Pourtant, Habib Essid bénéficie de l’appui inconditionnel du président de la République et du parti islamique dont l’influence sur la vie publique n’est qu’un secret de Polichinelle.

Le principal reproche fait à ce gouvernement par l’opinion publique est son manque de fermeté face aux partenaires sociaux, si l’on exceptait les attitudes fermes observées par trois ministres seulement. En effet, les exemples ne manquent pas. Dans une affaire relative à la gestion d’un hôpital universitaire à Sfax (sud du pays), le syndicat demande purement et simplement le limogeage d’un directeur sous prétexte qu’il s’agit d’un militaire.

D’où un bras de fer engagé avec le ministre de la Santé publique qui ne semble pas enclin à reculer. Sournoisement, les responsables syndicaux au niveau national veulent donner l’impression de ne pas s’y mêler alors que leurs propres représentants au niveau régional rendent la vie dure au ministre, M. Sïd Aydi.

Deux autres ministres sont, ces jours-ci, dans le collimateur des syndicalistes, à savoir ceux de l’éducation nationale, M. Néji Jalloul, et des Affaires religieuses, M. Mohamed Khélil. On leur reproche de servir les intérêts du parti islamiste en décidant d’organiser des cours d’apprentissage du Coran dans les écoles publiques durant les vacances scolaires. C’était suffisant pour déclencher contre eux une campagne de dénigrement allant jusqu’à la diffamation.

Pour les ministres, il s’agit de lutter contre les écoles anarchiques d’apprentissage du Coran alors que la gauche dans son ensemble et le syndicat y voient un moyen de propager les idées sombres dans l’école républicaine. Ces deux ministres tiennent bon et ne donnent nullement l’impression de répondre aux désirs de leurs détracteurs.

Toutefois, le soutien dont bénéficient ces deux ministres au sein de la population serait de nature en principe, estiment les observateurs, à donner des ailes au gouvernement dans son ensemble pour afficher davantage de fermeté dans le traitement des divers dossiers sociaux. Et le gouvernement serait à court d’idées comme le laisse entendre le député de gauche, Zyed Lakhdhar.

Pour ce dernier, dans l’état actuel des choses où la situation brille par son opacité, pourquoi ne pas dynamiser le secteur agricole «qui pourrait bel et bien être un créneau économique réel du développement, mais aussi, pour créer de l’emploi, des produits biologiques…».

C’est un appel qui ne trouve pas encore d’écho dans un pays, de l’aveu même de hauts responsables (ministre de l’Intérieur), frappé lourdement par la corruption. Là, c’est une autre paire de manches.

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