Tunisie: Rached Ghannouchi réélu à la tête du parti islamiste Ennahda



Le président et leader historique du mouvement islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, a sans surprise été réélu lundi à l’aube à la tête de cette formation qui vient d’acter sa mue en « parti civil ».

Ennahda, l’une des principales forces politiques de Tunisie, a tenu son dixième congrès au cours du week-end pour élire une nouvelle direction, faire le bilan de son action et établir sa stratégie pour les années à venir.

M. Ghannouchi, 74 ans, a obtenu 800 voix, tandis que 229 votes sont allés au président sortant du Conseil de la Choura, la plus haute autorité du parti, Fethi Ayadi, et 29 à Mohamed Akrout, un responsable du parti, selon les résultats affichés sous les acclamations sur un grand écran dans la salle où étaient réunis les congressistes. Les délégués d’Ennahda ont ensuite entonné l’hymne national.

Huit candidats avaient d’abord été proposés par les congressistes, avant que certains n’indiquent vouloir se retirer de la course, selon une responsable du parti.

C’est sous l’impulsion de M. Ghannouchi que le mouvement a officialisé ce week-end, au cours de son dixième congrès, la séparation entre ses activités politiques et religieuses, une mue en gestation depuis quelques années déjà.

Ennahda est un « mouvement tunisien qui évolue avec (…) la Tunisie et participe à son évolution », a dit à la presse dans la journée M. Ghannouchi. « Nous nous dirigeons de manière sérieuse, cela a été adopté aujourd’hui, vers un parti politique, national, civil à référent islamique, qui oeuvre dans le cadre de la Constitution du pays et s’inspire des valeurs de l’islam et de la modernité », a-t-il ajouté.

Prédicateur enflammé dans les années 70, M. Ghannouchi, l’une des principales figures du mouvement islamiste tunisien et même arabe, a vécu en exil à Londres pendant une vingtaine d’années avant d’être accueilli triomphalement par des milliers de personnes à son retour en Tunisie après la révolution de 2011.

Ennahda a remporté les premières élections organisées après le soulèvement, en 2011 également. Bien qu’arrivé deuxième au dernier scrutin législatif fin 2014, le parti est aujourd’hui la première force au Parlement après l’implosion de son ancien adversaire, le parti Nidaa Tounès du président Béji Caïd Essebsi, avec qui il a scellé une alliance gouvernementale.(Afp)

Algerie1.com

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