Un attentat à la bombe fait sept morts



TurquieLe drame s’est déroulé à Diyarbakir, ville du sud-est du pays à majorité kurde.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné jeudi l’attentat à la voiture piégée à Diyarbakir, plus grande ville du sud-est de la Turquie, qui a fait sept morts, appelant notamment les Européens à soutenir la campagne de son gouvernement contre les séparatistes Kurdes.

«Nous avons malheureusement sept membres des forces de sécurité qui ont perdu la vie», a déclaré M. Erdogan, lors d’un discours en marge du sommet sur le nucléaire à Washington. Le précédent bilan faisait état de six morts. «Nous ne pouvons plus tolérer ça. Les pays européens et les autres pays, j’espère peuvent voir le véritable visage derrière ces attentats», a-t-il ajouté.

L’attentat est survenu à Diyarbakir, la plus grande ville du sud-est de la Turquie, à majorité kurde, a-t-on indiqué de source de sécurité locale. L’explosion s’est produite près d’une gare routière située à plusieurs kilomètres du centre-ville au passage d’un car de police, selon cette source. De nombreuses ambulances ont été dépêchées sur les lieux. D’après les autorités locales, c’est un véhicule bourré d’explosifs télécommandé à distance qui a explosé.

Etat d’alerte

Les forces de sécurité turques mènent depuis plusieurs mois des opérations d’envergure contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans plusieurs quartiers de cette ville et dans le sud-est anatolien en général, où le PKK a lancé un «soulèvement» dans les zones urbaines.

La Turquie vit en état d’alerte renforcée en raison d’une série inédite d’attaques depuis l’été dernier, attribuées aux djihadistes ou liées à la reprise du conflit kurde.

La dernière, un attentat suicide attribué par les autorités turques au groupe Etat islamique (EI), a frappé le coeur d’Istanbul le 19 mars sur l’avenue commerçante Istiklal, tuant quatre touristes étrangers et blessant une trentaine de personnes.

L’attentat de l’avenue Istiklal est intervenu six jours après celui à la voiture piégée dans le centre d’Ankara qui a tué 35 personnes et a été revendiqué par un groupe radical kurde proche du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK).

Conflit kurde

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, le conflit kurde a repris l’été dernier. Des affrontements opposent les forces de sécurité aux rebelles du PKK dans de nombreuses villes du sud-est anatolien placées sous couvre-feu.

Auparavant le théâtre de combats se situait dans les zones rurales, il s’est propagé aux villes.

Les affrontements ont fait de nombreuses victimes dans les deux camps et tué des dizaines de civils qui ont été forcés à l’exode par dizaines de milliers.

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a affiché à plusieurs reprises sa volonté ferme de «détruire» le PKK, dont les bases arrières situées dans le nord de l’Irak sont régulièrement pilonnés par l’aviation turque.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par bon nombre de pays dont l’Union européenne et les Etats-Unis, a lancé une lutte armée contre les forces d’Ankara en 1984. Le conflit a depuis fait plus de 40.000 morts, dont la grande majorité des rebelles.

Dans un entretien il y a deux semaines dans le Times britannique, le chef militaire du PKK Cemil Bayik avait confirmé la radicalisation de la rébellion, promettant «des combats partout».
(afp/nxp)

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