Un journal offre «Mein Kampf» à ses lecteurs



Italie«Connaître pour rejeter»: c’est avec cette justification que le quotidien de droite «Il Giornale» proposait samedi le livre d’Adolf Hitler en supplément.

Le président du Conseil a réagi vivement dès samedi matin sur son compte Twitter à la publication en Italie de cette oeuvre programmatique, rédigée en 1925, de celui qui allait commettre le plus grand génocide de l’Histoire: «Je trouve glauque qu’un quotidien italien propose aujourd’hui ‘Mein Kampf’ de Hitler. Mon salut affectueux à la communauté juive. Jamais plus!», écrit Matteo Renzi.

«C’est un fait sinistre, à des années lumière de toute logique d’approfondissement et d’étude de la Shoah», a réagi de son côté le président des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna. Il a jugé «indécente» l’initiative du «Giornale».

«Un antidote»

«Connaître pour rejeter. Lire ‘Mein Kampf’ est un véritable antidote aux toxines du national-socialisme», s’est justifié le journal, qui publie une version de 1937 de l’ouvrage dans une édition commentée par l’historien Francesco Perfetti. Il Giornale a expliqué que «Mein Kampf» accompagne le premier d’une série de huit livres dédiés à l’histoire du Troisième Reich, qui seront vendus chaque semaine.

Une édition commentée par des chercheurs de «Mein Kampf» avait été publiée début janvier en Allemagne, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La publication a été rendue possible par le fait que les droits étaient tombés dans le domaine public en début d’année.

Selon le chercheur italien Frediano Sessi, cité par la chaîne Rainews24, il est regrettable que cette publication ne suive pas l’exemple de cette édition allemande, dans laquelle «3500 notes critiques dépassaient en taille le texte du Führer».

200’000 exemplaires

Connu pour ses positions de droite, notamment sur la question de l’immigration, le quotidien dirigé par Alessandro Sallusti et propriété de Paolo Berlusconi, frère de l’ancien chef de gouvernement Silvio Berlusconi, tire à 200’000 exemplaires.

Tout ce qui touche au national-socialisme est particulièrement sensible en Italie, en raison de son alliance avec le régime fasciste de Benito Mussolini. (ats/nxp)

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