Une étude fait la lumière sur le profil des recrues étrangères de Daech



La Banque Mondiale (BM) a publié, mercredi 6 octobre, une étude intitulée « Intégration économique et sociale pour prévenir l’extrémisme violent », qui fait notamment la lumière sur le profil des recrues étrangères ayant adhéré à l’État islamique.

La BM se base sur des données internes de l’État islamique ayant fuité, qui offrent des informations socio-économiques basiques sur 3803 recrues étrangères, telles que la nationalité, le statut matrimonial ou encore le niveau d’éducation. Il est estimé que ces données couvrent la période allant de début 2013 à fin 2014.

On apprend ainsi notamment que l’Arabie saoudite, la Tunisie, le Maroc, la Turquie et l’Égypte sont respectivement les cinq premiers pays « fournisseurs » de combattants étrangers à Daech. La Russie, la France et l’Allemagne sont quant à eux les trois premiers pays non-musulmans avec les plus grands contingents de daechistes. La moyenne d’âge des recrues étrangères de l’État islamique est de 27.4 ans. Les plus jeunes recrues proviennent de Libye, avec une moyenne d’âge de 23.7 ans. Tandis que les recrues les plus âgées proviennent d’Indonésie, avec une moyenne d’âge de 33.5 ans.

L’étude permet également de constater que le niveau d’éducation des recrues étrangères est relativement élevé par rapport aux idées préconçues. Ainsi, 69% des daechistes étrangers affirment être arrivés jusqu’au lycée dans leur école, 25.4% d’eux indiquent même avoir étudié à l’université. 13.5% disent avoir quitté l’école après le primaire, et 1.6% seulement sont illettrés. Cependant, la Banque Mondiale laisse ouverte « la possibilité que les recrues aient surestimé leur niveau d’éducation », recommandant la prudence lors de l’interprétation de ces chiffres.

Les données en possession de la Banque Mondiale apportent également une perspective unique quant aux aspirations des recrues étrangères rejoignant l’État islamique en Syrie. Certains d’entre eux veulent aider à administrer l’organisation, d’autres sont prêts ou désireux à mettre fin à leur vie au service de Daech. D’autres encore souhaitent simplement se battre. Ainsi, des 30% de daechistes ayant déclaré leur préférence pour une tâche à leur arrivée, 1.9% souhaitent travailler dans une fonction administrative, 17.2% en tant que combattants et 11.7% souhaitent dès le départ participer à des opérations suicide. Selon la BM, les kamikazes proviennent en grande majorité d’Afrique du Nord, d’Afrique Subsaharienne, du Moyen-Orient et d’Asie Centrale.

En conclusion, la Banque Mondiale explique que bien que le terrorisme ne soit pas associé à la pauvreté et à de faibles niveaux d’éducation, le manque d’intégration semble être « un facteur de risque de radicalisation dans l’extrémisme violent ». De plus, « le chômage a certainement un pouvoir explicatif », indique la BM.

Enfin, « des politiques faisant la promotion de la création d’emplois, de fait, sont non seulement bénéfiques pour les jeunes cherchant un emploi, mais pourraient contrecarrer la propagation de l’extrémisme violent et ses effets secondaires sur la croissance économique nationale et régionale », conclut la Banque Mondiale.


Source : tsa-algerie.com / Yacine Babouche

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