Une fille de rêve et de lumière



C’était le premier jour de la rentrée scolaire. Un ami m’a présenté Kahina.  Assise sur un banc, dans la cour du lycée Chihani Bachir d’Azazga, Kahina était en train de lire un roman de Gabriel Garcia Markez. J’ai eu le coup de foudre instantané pour elle.

Comme j’aimais moi aussi la lecture, nous avions fait connaissance en parlant de la littérature. Quand la cloche a sonné 08 heures, j’étais heureux de constater que nous aurons à étudier dans la même classe, Kahina et moi.

Mon cœur qui n’a pas encore pansé les blessures de son premier amour, se met à nourrir des rêves fous pour cette fille brune enfantée par le rêve et la lumière, cette émeraude sculptée par Dieu et envoyée comme un ange pour tourmenter mon pauvre cœur. Kahina aimait beaucoup les romans. Alors, je cherchais toujours les meilleurs pour lui faire plaisir.

Pour espérer gagner une petite place dans son cœur, je prétendais pouvoir écrire moi aussi un roman. Chaque jour, j’essayais d’écrire des phrases, des paragraphes, des pages entières. Pour augurer le meilleur, j’essayais d’imaginer une histoire d’amour optimiste qui se termine dans le bonheur. Je veillais à écrire correctement en utilisant le dictionnaire et les livres. Je faisais attention à la ponctuation, au vocabulaire et à l’orthographe. Je révisais chaque jour mon travail dans le secret espoir d’en faire un chef d’œuvre. Je bûchais sans relâche pendant une année.

Pendant ce temps, mon amour pour Kahina gagnait en intensité. J’ai fini mon petit roman de 100 pages une semaine avant la fin de l’année scolaire. J’allais offrir mon roman à Kahina. Elle ricana et se moqua de moi en éclatant de rire devant mes camarades de classe. -« En classe, tu es incapable de formuler une phrase correctement. Maintenant, tu oses te prendre pour un écrivain, espèce de prétentieux !» ; Elle me laissa hébèté, humilié, tétanisé, ne sachant ce que je dois faire ou ce que je dois dire.

Perdu dans un immense gouffre noir, j’ai mis du temps pour retrouver mes esprits. Mon amour s’écroule comme un château de sable. Il est vrai que ma grande timidité et la présence de Kahina dans la même classe ne me permirent pas de montrer l’étendue de mes véritables compétences. J’ai passé trois longs mois d’affreuses vacances dans les soupirs. J’appris l’inoubliable citation cauchemardesque : « Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire. »

Hammar_Boussad pour Tamurt

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