Une semaine d’hommage aux prisonniers politiques sahraouis à Bruxelles



BRUXELLES – Une semaine en hommage aux prisonniers politiques sahraouis et à leur détermination à se battre pour le droit et la justice est organisée depuis lundi à l’Université libre de Bruxelles par le comité belge de soutien au peuple sahraoui.

Placée sous le thème « Sahara occidental, l’étincelle des printemps arabes », cette semaine a été inaugurée par une exposition photos intitulée « Gdeim Izik, le campement de la dignité-série hommage », un reportage photo réalisé par le photographe amateur Anthony Jean.

Passionné de voyages et de photographie, Anthony Jean, traverse au début du printemps arabe le Sahara occidental, dernier colonie d’Afrique en voie de décolonisation.

Fin 2010, il parviendra à entrer, à trois reprises, clandestinement dans le campement de Gdeim Izik, à Laayoune occupée où se déroule la plus grande manifestation pacifique de l’histoire du peuple sahraoui.

Seuls témoins étrangers français des évènements avec sa collègue Lise Tregloze, il témoignera avec son exposition pendant 2 ans partout en France de tout ce qu’il a vu là-bas jusque devant les Nations Unies à New York.

Ses photos, exposées lundi à Bruxelles, montrent le campement de Gdeim Izik érigé en octobre 2010 par la population sahraouie pour demander le respect de leurs droits sociaux et économiques dans le contexte juridique des territoires occupés du Sahara occidental qui attendent un référendum pour leur autodétermination depuis 1991.

Elles témoignent également de la détermination de la population sahraouie à lutter jusqu’à la satisfaction de ses revendications à l’image de cette photographie montrant le vent qui s’engouffre dans les tentes des Sahraouis testant leur résistance.

« Les Sahraouis sont nés sous ses tentes et elles sont solidement amarrées au désert tout comme les familles qui y dorment sont rattachées à leur terre », a écrit Anthony Jean dans sa légende accompagnant la photo, regrettant, toutefois, que ces tentes n’aient pas pu résister à l’assaut des forces armées marocaines 28 jours après leurs installation.

« Cette exposition est là pour rappeler un moment fort de la lutte du peuple sahraoui, qui devant la répression et devant l’absence totale d’une réaction de la part de la communauté internationale, a posé un acte de révolte de nature forte », a indiqué le président de la Conférence européenne de coordination et de soutien au peuple sahraoui (EUCOCO), Pierre Galand à l’inauguration de la semaine d’hommage aux prisonniers politiques sahraouis.

« Cet acte, a-t-il poursuivi, était aussi fort que ce qui a pu se produire dans les pays arabes pour exiger le respect de leurs droits fondamentaux, d’exister, d’être entendu par la communauté internationale. Nous sommes là pour participer à cet appel et de le faire entendre dans la capitale de l’Europe ».

Le 10 octobre 2011, une famille sahraouie, excédée par le non-respect de ses droits, s’installe dans le désert à 15 Km de Laayoune, la capitale du Sahara occidental. Une semaine plus tard, ce sont 20.000 personnes réparties dans 8.000 tentes qui peupleront ce campement, symbole de la lutte pacifique sahraouie en territoires occupés.

Mais, il a été détruit brutalement par les forces d’ordre marocaines qui ont fait endosser à 24 militants pacifiques, revendiquant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental la responsabilité du climat de violence dans lequel a été effectué le démantèlement du camp.

De lourdes peines, allant de la perpétuité à 30 ans d’emprisonnement ont été prononcées depuis par la justice marocaine à l’encontre des militants sahraouis arrêtés.

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