USA: négociations avec les Talibans compromises



AfghanistanAvec une nouvelle équipe dirigeante chez le groupe islamiste, les possibilités de négociations sont réduites pour Obama.

La nomination de trois tenants de la ligne dure à la tête des taliban afghans anéantit la perspective de pourparlers de paix avec les Etats-Unis avant la fin du mandat d’Obama.

C’est ce qu’estiment mercredi plusieurs sources militaires.

Les talibans afghans ont annoncé avoir choisi pour nouveau dirigeant le mollah Haibatullah Akhundzada, un des adjoints de leur ancien chef, le mollah Akhtar Mansour. Ce dernier a été tué ce week-end par une frappe de drone américain.

Vers une série d’attaques cet été

Qualifiant la disparition du mollah Mansour de «tournant», Barack Obama avait déclaré que le dirigeant des talibans constituait un obstacle à la paix en Afghanistan. Mais il est peu probable que son successeur, Haibatullah Akhundzada, soit plus enclin au dialogue. Les experts prévoient déjà une série d’attaques violentes cet été en Afghanistan.

Mercredi, un kamikaze taliban a attaqué une navette transportant du personnel judiciaire à l’ouest de Kaboul, la capitale afghane, faisant une dizaine de morts.

Obama pourrait donc devoir reconsidérer son plan de retrait des formateurs militaires et forces spéciales du pays et laisser à son successeur à la Maison Blanche le soin de résoudre ce conflit. Les Etats-Unis sont engagés en Afghanistan depuis 2001, date à laquelle ils ont chassé les talibans du pouvoir.

Conclusions sur le retrait US bientôt

L’année dernière, le président américain avait annoncé que 9’800 militaires resteraient stationnés en Afghanistan en 2016, et que leur nombre serait réduit à 5’500 d’ici début 2017.

Mettre fin à l’engagement américain long de quinze ans en Afghanistan représentait une priorité du mandat d’Obama. Ce dernier a cherché en vain à amener les islamistes à la table des négociations avec le gouvernement afghan.

Dans un contexte marqué par la faiblesse du gouvernement d’Abdullah Abdullah, la progression des talibans et l’émergence dans le pays d’une branche de l’organisation Etat islamique (EI), le commandant en chef des opérations en Afghanistan doit rendre d’ici un mois ses conclusions sur le retrait des troupes.

Appel au dialogue

Le secrétaire d’Etat à la Défense Ash Carter a indiqué mercredi que le gouvernement maintenait sa stratégie d’appel au dialogue tout en fournissant à Kaboul une aide financière et militaire (conseillers, entraîneurs, équipements). Il a ajouté que le processus de réduction du contingent américain redémarrerait.

Les talibans doivent comprendre «qu’ils ne peuvent pas gagner, que les forces de sécurité afghanes, avec notre appui, seront plus fortes qu’eux et qu’elles vont être capables de défendre le pays et son gouvernement d’unité nationale», a affirmé le chef du Pentagone. «En cela, l’alternative (..) à la paix avec le gouvernement, c’est une défaite certaine sur le terrain», a-t-il dit à Rhode Island.

Certains responsables américains font toutefois une lecture différente de la situation. Ils peinent à voir ce qui pousserait les islamistes à rendre les armes.

Determination des Talibans

«A chaque fois que j’entends quelqu’un au gouvernement parler des perspectives de négociations de paix avec les talibans ou de la manière dont l’attaque du mollah Mansour va pouvoir améliorer les relations, je me demande ce qu’il a fumé», déclare un responsable militaire américain doté d’une longue expérience en Afghanistan, et qui souhaite rester anonyme.

«Quel que soit leur leader, les talibans n’ont aucune incitation à transiger avec leur détermination de restaurer la loi islamique», a-t-il ajouté. (ats/nxp)

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