Vidéo : Oran, la ville qui grandit trop vite (VIDÉO)



Au début des années 2000, la région est d’Oran, était quasiment constituée de vastes terrains vierges et de quelques maisons et bâtiments éparpillés un peu partout. Quinze ans après, la transformation de cette partie de la capitale de l’ouest algérien est impressionnante, avec la construction de milliers de logements, d’hôtels, d’un centre des conventions, de routes, de cafés et de restaurants modernes et surtout la disponibilité de l’eau potable 24 heures sur 24 heures dans les robinets. Le quartier Akid Lotfi illustre bien cette transformation impressionnante. Les Oranais l’appellent le petit « Dubaï ». Il est devenu leur destination préférée surtout en été.

Il illustre également la vitesse incroyable avec laquelle Oran grandit, grâce aux pétrodollars, engrangés par le pays dans les années 2000. Ces dix dernières années, la ville a changé de visage. Le cadre de vie est devenu agréable. « Oran, parmi toutes les communes du pays, connait une mise en œuvre de plusieurs projets structurants qui ont un impact régional et national », expliquait Abdelghani Zaalane le wali d’Oran, il y a quelques semaines alors qu’il recevait une délégation de patrons algériens venus de tout le pays.

Oran la ville qui grandit vite, très vite par algerie-tsa

Oran ville moteur

Oran veut de plus en plus attirer le regard sur son potentiel et donc capter les investisseurs. On ne compte plus les salons, rencontres économiques ou encore les festivals. Le wali d’Oran le sait bien. Il ne faut pas le forcer pour citer fièrement les importants projets d’Oran comme la « réception d’un aérogare prévu en 2017 », « le téléphérique d’Oran, l’aménagement « du port d’Oran qui prévoit une extension de 7 hectares pour aller vers 23 hectares ». La liste est encore longue : le tramway, le futur TGV Oran-Tlemcen, le stade olympique prévu pour les Jeux Méditerranéens en 2021.

« Ce qui caractérise aussi notre ville, est qu’elle était jusqu’ à ces derniers mois, la première ville d’Algérie en matière d’infrastructures hôtelières, pouvant accueillir des évènements internationaux, comme ceux du GNL 16 en 2010, et des évènements d’envergure internationale comme la réunion des 5+5, qui s’est déroulée d’ailleurs dans l’un de nos établissements l’Eden Resort & SPA d’Aïn El Turck », explique de son côté Karim Chérif, à la tête du Groupe Eden opérant dans l’hôtellerie et la promotion immobilière.

Oran ambitionne de devenir une grande métropole méditerranéenne. Elle veut ressembler à Barcelone et devenir la capitale économique du pays à l’image de Casablanca au Maroc. Pour y parvenir, l’État y investit sans compter. Des nouveaux hôtels portant des enseignes internationales (Méridien, Sheraton, Ibis), ont été réalisés, notamment à l’est de la ville. Le centre-ville ou d’autres quartiers historiques comme celui de Sidi Houari profitent d’une réhabilitation. 200 bâtisses devraient profiter de ces rénovations.

Economie en avant 

Oran peut également compter sur son tissu économique, avec son port pétrolier d’Arzw, le plus important du pays. L’an dernier, l’inauguration de l’usine de montage Renault dans la zone d’activité de Oued Tlélat, l’a propulsé au devant de la scène. Très prochainement une usine Peugeot verra le jour dans la même zone. L’automobile n’est pas la seule industrie qui a dynamisé la région, le tourisme également, l’agriculture, la pharmacie, ou encore la pétrochimie.

« Du côté des PME, c’est plus simple d’entreprendre à Oran », estime un jeune entrepreneur oranais. Plusieurs raisons permettent de faciliter les choses : son ouverture sur l’étranger, des loyers moins chers que ceux de la capitale, un terrain plus vierge. « Entreprendre à Oran ou dans n’importe quelle ville en Algérie, nécessite de la patience, de la persévérance et beaucoup d’abnégation », reconnaît Karim Chérif. « Mais je dois avouer que ces dernières années, il y a eu beaucoup d’efforts des pouvoirs publics pour accompagner le développement de l’investissement », estime le patron.

En outre, une activité en crée une autre. « Dans le cadre de nos activités de promotions immobilières et dans le domaine de nos unités industrielles, l’engouement et l’attractivité de notre région a impacté notre plan de charge et notre carnet de commande », précise encore Karim Chérif.

Brassage culturel 

Quelle est la recette de la réussite ? Pour le wali d’Oran, la région tire son potentiel de son multiculturalisme. « Oran réussit car elle brasse toutes les wilayas, et tire sa force de la diversité », estime-t-il. « C’est la synergie de tous les efforts, comme cela se passe aux États-Unis », explique le wali qui compare aisément sa région à l’Amérique du Nord.

Un brassage culturel à l’échelle internationale, selon Karim Chérif. « Oran dispose de structures d’accueil, routes, port, aéroport et des industries implantées dans de nombreuses zones industrielles, qui font de la ville une destination de choix pour les entrepreneurs venant de toutes les villes algériennes, et même pour les étrangers en quête de nouveaux marchés », précise l’entrepreneur.

Il est vrai que la présence étrangère se ressent. Outre des hôtels qui reçoivent constamment des délégations étrangères, il suffit de se promener dans le centre-ville pour y croiser des étrangers, venus travailler dans les différents chantiers de la ville.

Logements à tout-va

Ce gros bouleversement, Oran le doit surtout à la politique de logement. Les tours ne cessent de s’ériger dans la cité. Au total, Oran réalisera un programme de « 123 000 logements tous types confondus », d’après le wali d’Oran. Rien que sur le dernier trimestre 2015, 3000 logements sociaux avaient été attribués. Ainsi des quartiers comme ceux de Belgaïd et Canastel voient des cités entières s’élever. Les relogements se font alors à la chaine. Les habitants des quartiers de Sidi El Houari, Gambetta où les immeubles tombent en ruine ont pu bénéficier de nouveaux logements.

Oran trop ambitieuse ?

Si certains chantiers avancent à un rythme étonnant, d’autres sont bloqués voire annulés. De nombreux ensembles immobiliers tardent à émerger ou restent inachevés même s’ils ont commencé à être occupés.

Autre bémol, la transformation un peu trop brutale d’Oran. Une trop forte concentration dans certaines zones fait craindre une saturation de certains quartiers. Avec 4100 logements LPP dans la même zone, il est à prévoir d’importants embouteillages, dans une zone où les routes accessibles ne sont pas nombreuses, alors que de nouveaux axes sont actuellement réalisés pour désengorger le centre-ville, mais pas ces quartiers qui seront d’autant plus fréquentés. Sans oublier la nécessité d’une gestion rigoureuse de ces nouveaux secteurs notamment en offre de services, traitement des déchets… Pour l’heure on a l’impression que la ville veut trop faire et vite.

Source : Amina Boumazza

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