Vivre pour écrire. Par Hammar Boussad.



-Est-ce que Dieu existe ?

Excusez-moi amis lecteurs et amies lectrices, je dois changer de questions pour sauver ma peau. Je sens des yeux menaçants prêts à dégainer leurs armes : cannes, sabres, haches, fusils…

Bon, calmez-vous, je vais changer de questions :

-Est-ce que l’amour et le bonheur existent ?

Les intégristes islamistes se calment même s’ils n’aiment pas ce genre de questions philosophiques. Ils rangent leurs armes.

-Est-ce que la vie est juste ?

Je me demande si cette question est politiquement correcte. Vous voyez amis lecteurs et amies lectrices, la vie des écrivains et des journalistes n’est pas du tout facile, bien au contraire. Ils doivent jouer à l’équilibriste pour échapper aux griffes des extrémistes de tous bords.

-Pourquoi la vie est-elle injuste ?

Une bonne question, dirait notre grand comédien Mohamed Fellag. Mais, qui est responsable de cette injustice ? Si Dieu existait, je ne pense pas qu’il serait injuste.

Encore une fois, les intégristes islamistes s’offusquent. Ils commencent à cracher leur venin. J’essaye de calmer la tempête. Veuillez excuser mon crime de lèse majesté. S’il vous plait, soyez cools, je vais remplacer Dieu par le pouvoir algérien.

Je vous prie de m’excuser amis lecteurs et amies lectrices si je fais un peu de censure. Comprenez-moi, je dois vivre pour écrire.

-Qui a volé l’argent de Sonatrach et l’autoroute Est-Ouest ?

-Qui a violé la constitution ?

-Qui a truqué les élections ?

-Qui a tué le président Mohamed Boudiaf ?

La peur essaye de m’autocensurer à tout prix. (Arrête Boussad, tu es fou ou quoi ? Tu veux te jeter dans la gueule du loup. Tu as une famille à charge. En posant des questions pareilles, tu risques la mort ou la prison.)

La peur de la torture, de la prison, de la mort, la censure, l’autocensure…         ont permis aux corrupteurs et aux dictateurs de prospérer. Les intellectuels se taisent, les soi-disant opposants cautionnent un pouvoir dictatorial qui leur offre des strapontins pour services rendus et les députés élus par la fraude applaudissent le désastre.

Par Hammar Boussad.

Laisser un commentaire