Vivre : Une terrible tragédie ?



Pendant 9 mois, Muhend Amcum nageait dans le bonheur et la tendresse dans le cocon moelleux de sa mère. Soudain, il est brutalement expulsé sans ménagements, préparation ou transition vers la jungle appelée communément la vie. Sans le savoir, il émet des signes de révolte sous forme de cris et de larmes.

Aprés quelques années d’enfance passées dans l’ignorance, l’innocence et l’insouciance, il commence à remarquer des différences et des injustices entre les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, les gouvernants et les gouvernés…Il commence à se poser et à poser des questions désobligeantes qui rencontrent souvent de sourdes oreilles ou des réponses non-convaincantes.

Muhend Amcum est devenu  maintenant un adolescent. Il étudie au lycée « Tamusni » de Yakouren. Les cours de Philosophie finissent d’attiser sa curiosité et de secouer sa conscience. Les questions deviennent plus nombreuses, plus pertinentes, plus douloureuses.

Les réponses qui tardent à venir entretiennent son angoisse sous des formes et des émotions différentes : Insomnies, inquiétudes, peurs, étonnement, stress, sensations de vide et de solitude…Il cherche obstinément à comprendre les artistes, les écrivains, les philosophes…mais, peine perdue, l’incertitude et l’incompréhension l’enfoncent d’avantage dans une profonde angoisse.

Certaines questions taraudent particulièrement son esprit au point de le rendre malade :

-Pourquoi l’enfer est-il pavé de bonnes intentions ?

-Pourquoi Dieu attend-il la fin du monde pour régler ses comptes avec les pyromanes, les extrémistes, les intégristes, les prédateurs… ?

-L’amour fait-il notre bonheur ou notre malheur ?

-La beauté a-t-elle un sens au milieu de la violence, la haine et la misère ?

Heureusement, intelligent, il a fini par comprendre que l’angoisse et la solitude sont insensibles aux questions et aux tourments, ils resteront omniprésents durant toute sa vie. Cependant, comme les autres artistes, il pourrait s’adonner aux arts thérapeutiques comme la poésie, la peinture, la musique, le dessin…pour atténuer ses souffrances.

Il comprend enfin pourquoi Hacene Abassi chantait : « O vie, je n’arrive pas à te comprendre. Pourquoi suis-je né ? Pourquoi devrais-je mourir ? Je n’arrive plus à percer tes secrets. »

Il comprend aussi pourquoi Matoub Lounas chantait : « Laissez-moi chanter pour oublier tous mes soucis qui se sont rassemblés dans ma tête pour me tourmenter. »

Il comprend également Anouar Benmalek qui écrivait : « La vie est une tragédie, laissez-moi écrire pour apporter du baume au cœur avec les mots. »

Apres mure réflexion et fort de tous ces enseignements, Muhend Amcum décide de peindre, chanter et écrire afin de multiplier ses chances de maitriser son angoisse.

Par Hammar Boussad.

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