Vous êtes tous défaillants M. le ministre !



Difficile de savoir à quoi s’en tenir entre les déclarations peu rassurantes du Premier ministre Abdelmalek Sellal, l’inertie de l’U.G.T.A, le mutisme complice du Forum des chefs d’entreprises (F.C.E), les mouvements sociaux qui ne cessent de ponctuer ces derniers temps une actualité combien pesante et cette colère, de plus en plus alarmante, qui couve dans les bas-fonds de la société.

L’Algérie est-elle vraiment sur le cratère d’un volcan? Le constat présent qui n’augure, d’ailleurs, rien de bon tend, malheureusement, à le confirmer. Mais comment justifier, pardi, l’adoption de cette loi de finances 2017 inique qui creuse davantage l’écart entre l’Algérie profonde et la nomenklatura ? Les Algériens pourront-ils supporter encore d’être durement touchés dans leur porte-monnaie ? Sachant bien que leur pouvoir d’achat est déjà des plus dérisoires par rapport à leurs voisins Tunisiens et Marocains.

N’ignorant rien de la nature du danger qui pèse sur la stabilité du pays, les partis d’opposition tirent à boulets rouges sur un exécutif dans l’impuissance de prendre les devants pour riposter. « Nous sommes tous défaillants et nous devons assumer! », telle est la seule réponse trouvée par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, laquelle sonne comme un aveu d’échec lourd de conséquences de tous les gouvernements successifs à garantir un passage structuré d’une « économie rentière mono-exportatrice » vers « une économie diversifiée ».

Et, bien évidemment, Sellal qui multipliait jusque-là les signaux contradictoires se trouve être, lui aussi, pris à contrepied par un front social en ébullition dans un contexte international compliqué qui ne s’arrêtera pas probablement de sitôt d’accoucher de mauvaises surprises. Et ce même si l’accord conclu récemment par l’OPEP à Alger, lequel consiste à réduire la production des pays membres de 1.2 million de barils par jour, promet une relative remontée des prix de l’or noir. Tout cela donne le tournis aux nombreux analystes qui tentent de deviner de quel bois idéologique seront faits les programmes économiques gouvernementaux des années à venir.

Les autorités oseront-elles emprunter un virage ultralibéral radical qui causera, sans aucun doute, davantage de dégâts à une société, la nôtre, à peine rétablie des souvenirs traumatisants de la guerre civile (1990-2000) et tout ce qui s’en suivi d’endettement étatique, d’ajustements structurels, de pressions du Fonds monétaire international (F.M.I), de période de vaches maigres, de chômage, de suppressions d’emplois, de ponction de salaires, de précarité…, de misère? Qui assumera un tel choix ?

En même temps, une politique généreuse qui encourage le social dans le sillage de « l’Etat-providence » videra les caisses de l’Etat pour nous mener à une faillite qui ressemblera à celle du Venezuela. Bref, si, en haut lieu, on s’évertue, comme pour mieux s’affirmer, à prouver que rien n’est grave en s’appropriant un langage populiste à la limite du risible, les Algériens s’attendent au pire compte tenu des réserves de changes s’épuisent .

Kamal Guerroua

Source : lematindz.net

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